⟵ Retour
Immobilier : la marche à descendre en 2015 sera haute.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 769) : “Russie : les entreprises qui y croient”. Bonne lecture !!!
Sur l’ensemble de la France, il y avait, en 2011, environ trois acheteurs dans l’immobilier pour un bien à vendre. Aujourd’hui, les acheteurs ont disparu et le rapport s’est presque inversé puisqu’il y aurait désormais deux vendeurs pour un acheteur dans l’immobilier, si l’on en croit le baromètre du site MeilleursAgents.com. A Paris, il y a à peu près autant d’acheteurs que de vendeurs, mais la tendance est à une dégradation particulièrement sévère puisque, il y a trois ans, il y avait six acheteurs pour un vendeur. Les prix baissent, tout le monde le sait, tant que le rapport est en dessous de deux acheteurs pour un vendeur, et la baisse actuelle, très légère, n’est qu’une sorte de « constat d’autisme » de la part des vendeurs, qui préfèrent attendre… croyant, tels François Hollande (Flanby Ier), qu’un miracle va sortir.
Pause illusoire en octobre.
Le recul du marché avait été de 1,5 % en ce qui concerne le prix moyen au mètre carré des transactions du mois d’août, il a été de 1 % encore en septembre, il serait de 0,1 % seulement en octobre, il est vraisemblable qu’il sera de 1,5 à 2 % en recul sur les mois de novembre comme sur le mois de décembre, car, pour un certain nombre de vendeurs, il va falloir faire vite, notamment lorsqu’il s’agit d’une succession, lorsqu’il s’agit de payer, sur commandement, les droits impressionnants que l’Etat exige. Il faut savoir que l’Etat exige ces droits de succession sur la valeur estimée du bien, souvent surévaluée, qui a été constatée à la fin de l’année dernière, il est donc de l’intérêt des vendeurs, lorsqu’il y a une succession, de consentir à une baisse des prix, avant le délai limite pour payer les droits, afin de ne payer les droits que sur la valeur réelle du bien et non pas sur la valeur estimée par le fisc. Il faut savoir que le prix de l’immobilier, à Paris, est d’environ 7.800 euros au mètre carré en moyenne.
Lorsque l’on sait que la construction, hors terrain, d’un appartement luxueux coûte environ 2.500 euros du mètre carré, on s’imagine très fortement que, sauf à sombrer dans la folie douce, les acheteurs ne vont pas se précipiter, même avec la rareté des biens situés dans Paris intra-muros, pour acheter de l’ancien, avec souvent des travaux à faire, parfois des rénovations coûteuses (on parle de 500 euros au mètre carré pour une remise aux normes électriques et un petit coup de peinture de 1.000 à 1.200 euros lorsqu’il s’agit de travaux plus importants... et de 1.800 € au m2 quand c’est pour loger le patron de la CGT), alors qu’il leur est possible, en attendant, de payer un prix plus proche de la valeur réelle du bien en question. Par ailleurs, vu les difficultés financières de Mme Anne Hidalgo pour boucler son budget de 2015, il est très vraisemblable qu’il y aura des augmentations sur les taxes foncières, sur la taxe d’habitation, et sur tous les frais annexes affectés par la ville, y compris les taxes sur les transactions, les fameux « droits d’enregistrement », souvent improprement appelés « frais de notaire ».
L’horreur fiscale touche l’immobilier au portefeuille.