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L’âme d’une commune passe par la préservation du commerce rural
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Eric Nevers, maire d’Artaix (Saône-et-Loire) : « Le commerce, c’est aussiimportant que l’école ou l’église. »
Artaix est une commune de 370 habitants située dans le département de Saône-et-Loire. Depuis plusieurs années, la priorité de la mairie a été le maintien du commerce de proximité et tous les habitants sont conscients du fait que sans cette structure, le village serait menacé. Le nouveau maire de la commune, Eric Nevers, a également compris cela et il compte bien se battre pour éviter la disparition de son commerce. Il rappelle que dans quelque temps, la question de la succession se posera et qu’il faudra alors convaincre un jeune de s’installer à Artaix. Eric Nevers souligne que le commerce est viable et que, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un sacerdoce car la population accepte que le commerçant ferme une journée par semaine ou parte en vacances…
L’Hebdo-Bourseplus : En quoi la préservation d’un commerce est-elle capitale pour un village ?
Eric Nevers : Dans un village, le commerce est quelque chose de très important, c’est aussi important que l’école ou l’église. C’est ce qui permet de préserver les villages ruraux car si nous n’avons plus cela, il n’y a plus d’attractivité. Tous les villages ruraux qui ont perdu leurs commerces ont perdu de leur attrait et les gens ne viennent plus s’installer en centre-ville. Nous sommes sur un territoire qui est assez éparpillé et le maintien du café apporte un lieu de proximité et de rencontres. C’est aussi un moyen de dépanner les personnes âgées. Nous n’avons pas de transports en commun et, sans commerce de proximité, je ne sais pas comment ces personnes âgées se débrouilleraient… D’autant plus que nous n’avons pas de commerçants itinérants.
Comment avez-vous procédé pour maintenir un commerce de proximité ?
La seule chose que possède la mairie, c’est la licence. Mes prédécesseurs avaient racheté la licence et c’est la mairie qui cède la licence à l’exploitant. Si, demain, le café devait fermer, nous aurions toujours la possibilité d’ouvrir quelque chose derrière, puisque nous possédons la licence IV. L’exploitant, Raymond Lacombe, est quelqu’un de très dévoué, il travaille des heures et des heures. Tout le mérite lui revient et non à la commune.
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