Les annonces du gouvernement plombent le marché immobilier

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Ulrich Maurel, fondateur d’Immoprêt : « C’est à nouveau la cacophonie avec la fameuse taxe sur les résidences secondaires. »

Comme tous les mois, Immoprêt, courtier en prêt immobilier qui a accompagné près de 19 000 familles en 2013, diffuse son baromètre des taux. Ulrich Maurel, fondateur d’Immoprêt, explique : «Nous constatons que la plupart des taux sont encore légèrement à la baisse ce mois-ci, excepté pour les prêts sur 25 ans dans le Nord et l’Ile-de-France. Alors que les taux sont restés stables région par région de juillet à septembre, ils ont majoritairement baissé depuis 3 mois, de 0,4 point parfois. Historiquement au plus bas, les taux se révèlent extrêmement intéressants en ce moment. Depuis la baisse des taux directeurs, les banques ont réagi en revoyant leurs barèmes à la baisse. Jusqu’à fin décembre, ces taux ne devraient pas connaître une augmentation ou une baisse. Il est donc encore temps pour les personnes intéressées par une acquisition de se positionner comme acheteurs avec des taux attractifs d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, c’est aussi le bon moment pour renégocier son prêt si vous avez emprunté à des taux plus élevés que les taux actuels. Pour rappel, pour que ce soit intéressant, il suffit que votre prêt soit à un taux supérieur à 1 point par rapport au taux actuel.» Créé à Dunkerque en 2006, Immoprêt est un courtier en crédit immobilier, avec plus de 150 collaborateurs répartis dans plus de 70 agences sur tout le territoire. L’activité de ce réseau d’agences de proximité consiste à accompagner gratuitement ses clients dans leur recherche de financement de leurs projets immobiliers. Ulrich Maurel fait le point sur la situation du marché immobilier.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est la photographie du marché immobilier en cette fin d’année ?

Ulrich Morel : Le mois de septembre n’a pas été bon, mais vraiment pas bon. Le marché était presque à un point d’arrêt car il y a eu de nombreuses annonces gouvernementales, comme le plan de relance sur l’immobilier. Les acheteurs se sont mis dans une position d’attentisme pour comprendre les enjeux de ce plan, le nouveau prêt à taux zéro et le dispositif Pinel. En octobre, les acheteurs ont commencé à revenir en comprenant les contours de ces différents textes. Depuis le début du mois de novembre, c’est à nouveau la cacophonie avec la fameuse taxe sur les résidences secondaires et les logements inoccupés. Cette annonce vient de remettre le marché à l’arrêt. Le dernier trimestre risque d’être assez compliqué sur le marché de l’immobilier. Tout cela, alors que les taux d’intérêt sont extrêmement bas. En revanche, l’activité crédit se porte bien parce que nous renégocions de nombreux prêts immobiliers, mais nous n’avons pas beaucoup de nouvelles opérations. Le dispositif Pinel est un peu mieux que l’ancien dispositif et j’espère que cela va inciter les investisseurs à revenir. Le primo-accédant n’a pas forcément le choix et il a quand même toujours envie d’acheter. Donc, une éclaircie n’est pas à exclure pour le début de l’année prochaine. Cependant, le dernier trimestre va être assez compliqué sur le front des transactions, dans le neuf comme dans l’ancien.


Le gouvernement est-il fâché avec l’immobilier ?

Je ne sais pas s’il est fâché, car le plan de relance part quand même d’un bon sentiment. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience des politiques sur le fait que le marché de l’immobilier a besoin d’un vrai plan ambitieux. Néanmoins, entre l’ambition et ce qui sort réellement des cartons des ministères, il y a un vrai décalage. Il y a une volonté de relancer le secteur, mais on n’y met pas les moyens. On sait ce qu’il faudrait faire, c’est-à-dire attaquer la partie offres en simplifiant un certain nombre de choses, mais on ne le fait pas… On sait que l’investisseur a besoin d’une rentabilité d’environ 5 points sur les investissements locatifs, alors que le Pinel offre aux alentours de 4,2 points. Donc, les gens n’y vont pas… Je pense que le gouvernement n’a pas totalement bien compris les enjeux et surtout que le marché avait besoin de confiance. Par exemple, la taxe sur les résidences secondaires et les logements vides ne part pas d’une mauvaise intention mais, dans un marché en convalescence, l’effet est très vite désastreux. Il est important de sortir de l’idéologie et de la mesurette. Il faudrait un vrai plan de fond, ambitieux, avec des mesures pour fluidifier l’offre, car le vrai problème en France reste celui de l’offre et il faut redonner aussi de la confiance aux acquéreurs et aux investisseurs. Finalement, pour le gouvernement, le logement c’est important, mais ce n’est pas une priorité.

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