Réduire la dépense publique, une nécessité qui passe par des mesures chocs !
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Serge Grouard, maire d’Orléans et député UMP du Loiret : « Cette crise n’a aucune fatalité, elle existe parce qu’on ne sait pas la traiter. »
Serge Grouard est maire d’Orléans depuis 2001 et député UMP du Loiret depuis 2002. Cet ancien haut fonctionnaire vient de présenter quatre mesures chocs pour réduire la dépense publique. Il préconise d’abord de simplifier le fonctionnement et la gouvernance de la sphère publique, comme diminuer le nombre de parlementaires, de 577 à 400 pour les députés, de 348 à une centaine pour les sénateurs et supprimer des institutions comme le Conseil Economique, social et environnemental. Par ailleurs, il propose de fusionner les départements avec leurs régions et de développer le dispositif des communes nouvelles en milieu urbain. Il souhaite également supprimer des dispositifs aussi inefficaces que coûteux (révision des normes et formation professionnelle). Autre objectif : réduire les effectifs de la fonction publique en ne remplaçant pas deux départs à la retraite sur trois. Enfin, réorganiser la sécurité sociale et les dépenses de santé, notamment en supprimant l’Aide médicale d’État. Des propositions concrètes et chiffrées qui pourraient bien inspirer l’opposition pour son programme dans l’hypothèse d’une alternance. Serge Grouard répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On utilise toujours le mot crise, comme s’il s’agissait de quelque chose de conjoncturel, alors que vous rappelez que nous vivons à crédit depuis plus de 30 ans. Le mot crise n’est-il pas employé comme une bonne excuse pour dire : «Ce n’est pas de notre faute» ?
Serge Grouard : Vous n’avez sans doute pas tort. À force de rabâcher ce mot, il passe dans le vocabulaire courant et l’on considère que c’est une sorte de fatalité. On est en crise et on n’en analyse plus les causes profondes. C’est une crise de structure, certains diraient une crise systémique, et elle vient puiser ses racines dans la fin du modèle hérité de la Deuxième Guerre mondiale et l’ouverture des ciseaux entre une croissance qui n’est plus là et une dépense publique qui n’a plus de fondations, puisqu’elle n’a plus la capacité à se financer sur la richesse nationale. Donc, le modèle est en voie d’explosion. Ce sont les racines de ce mal qui est profond, et, à force de parler quotidiennement de crise, on n’en voit plus les racines profondes. Or, si l’on a la lucidité de cette analyse, on a les solutions devant nous. C’est ce qui est dramatique. À force de refuser cette analyse, on ne voit plus les solutions et on fait exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour sortir de la crise. Voilà la situation dans laquelle nous sommes, à force de refuser de regarder la réalité.
Quand Raymond Barre évoquait les prémices de cette situation, alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle de 1988, tout le monde ricanait…
Ce n’est pas pour rien que l’on disait que Raymond Barre était le premier économiste de France et je lui rends hommage. Puisque vous évoquez sa mémoire, si l’on reprend la réalité des chiffres, la France était structurellement en bon état lorsqu’il a quitté Matignon en 1981. Le président Giscard d’Estaing et le Premier ministre Raymond Barre laissent une France en bon état, alors qu’ils ont traversé deux crises : la fin de celle de 1973 et celle de 1979, qui était encore plus rude que la première crise pétrolière. Cette crise pétrolière donnait l’impression d’être la fin du modèle des trente glorieuses, une croissance économique forte avec une énergie à très bon marché et en très grande quantité. À ce moment-là, nous avions déjà cette impression forte. Mais cela s’est estompé rapidement… On arrive dans les années 80 comme si l’on avait un peu peur et on se rassure en faisant l’inverse de ce qu’il faut faire, c’est-à-dire adapter notre modèle pour lui permettre de survivre. La dette de la France vient de cette période des années 80. On commence à enclencher le cycle dramatique des dépenses publiques qui ne se financent plus ou qui se financent à crédit. On tient toujours le même discours sur la croissance économique qui va revenir, avec des plans de relance à certains moments, et on croit que l’on est encore dans un système de type keynésien où l’on va relancer la machine par une relance de la consommation. Alors, on fait de la dette et du déficit, et on fait semblant de ne pas comprendre, parce que les schémas intellectuels acquis ont la peau dure. On est toujours dans un débat sur la demande ou sur l’offre : relance par la demande ou politique de l’offre. Bien sûr, l’idéal serait les deux... Mais aujourd’hui, on est dans de tels déficits que ce sont des vues de l’esprit, puisque nous n’avons les moyens ni de l’une ni de l’autre. Il faut avoir le courage et la lucidité politique pour le dire. J’entends à n’en plus finir les débats à l’Assemblée nationale et ailleurs. Il y a les tenants de la politique de l’offre et il y a les tenants de la relance keynésienne qui expliquent que c’est un problème de pouvoir d’achat, parce qu’il y a trop de ponctions par les prélèvements obligatoires et qu’il est nécessaire de faire une relance par la demande.
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