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Fin de la première manche
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La hausse des marchés actions à partir du creux de mars 2009 consécutif à la double crise « sub-primes » puis « euro », est le résultat des actions monétaires massives des Banques Centrales. Outre-Atlantique, la Réserve Fédérale Américaine (Fed) a baissé fortement ses taux directeurs au maximum possible (près de zéro) et l’a complétée par un vaste programme de rachats d’actifs (dont les toxiques) directement sur les marchés. Aujourd’hui, elle arrête complètement le moteur de ce second étage de la fusée après l’avoir ralenti progressivement au fil des derniers mois. Les objectifs économiques en termes de croissance et d’emploi aux États-Unis sont parfaitement atteints, consacrant ainsi pleinement la réussite totale et parfaite de ce pilotage à hauts risques. L’autre levier, celui des niveaux des taux devrait être activé à son tour en fonction des paramètres croissance et emploi en les maintenant au niveau optimal. La principale crainte de la Fed est celle de voir les investisseurs se mettre brusquement à anticiper la mise en place d’une politique durable de hausse des taux d’intérêt ce qui pousserait fortement les marchés à la baisse comme ils l’ont fait à la hausse lors de la phase de baisse des taux. On en a vu un aperçu au cours du mois d’octobre avec quelques fortes baisses.
En Europe, les choses sont beaucoup plus complexes en raison de la nature même de la monnaie unique et de la diversité des rythmes de croissance, des réformes structurelles et des politiques économiques pas toujours adaptées. Bref, les mêmes politiques monétaires de la part de la BCE n’y produisent pas les effets recherchés et c’est là que la bât blesse ! Or, ces actions sont extrêmement coûteuses et peuvent s’avérer catastrophiques à terme si elles échouent, justifiant le terme « à hauts risques » ci-dessus. Cela est d’autant plus difficile à réaliser que les acteurs économiques sont très endettés et souffrent de sous-capitalisation couplée à de faibles marges hors fiscalité.
La preuve en est que les Banques ne trouvent pas plus d’emprunteurs malgré des taux de plus en plus bas. Ainsi, globalement la croissance n’est pas au rendez-vous et donc le retour sur investissement de la BCE non plus. La perspective de voir les endettements des pays de la zone Euro se réduire dans les prochaines années s’éloignent et le spectre de la perte de contrôle commence à affoler les marchés. Ainsi, la première guerre des taux est d’ores et déjà gagnée par les États-Unis. La crainte des marchés est de voir le vieux continent s’engluer dans une très longue période sans croissance comme l’a été le Japon dans les années 1990 à 2010.
Cela donnerait un marché boursier en krach larvé avec des baisses continues et diffuses dans le temps. Techniquement, le rebond actuel sur le Cac 40 pourrait se prolonger encore jusqu’à un maximum 4.250 points avant de repartir à la baisse. Pour éviter se scénario qui commence à se dessiner, il faudrait voir sortir de bons chiffres surla croissance en Europe, ce qui est loin d’être acquis.
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