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Reprise du marché sur la Côte Basque, mais au juste prix
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Catherine Thomine-Desmazures, directrice de Barnes Côte Basque : «90% de nos clients au-delà d’un budget de 3 millions d’euros sont tout simplement partis de France et ils ne veulent plus y investir pour l’instant.»
Le marché immobilier de la Côte Basque connaît un frémissement en cette rentrée : c’est ce qu’annonce le dernier rapport de Barnes sur la situation de la Côte Basque. La reprise des ventes constatée récemment s’explique par le retour à la raison de certains vendeurs qui acceptent de revoir leur prix à la baisse pour se conformer au marché. Cette embellie reste néanmoins fragile et limitée au littoral. L’arrière-pays, même proche, est encore tenu à l’écart. Catherine Thomine-Desmazures, directrice de Barnes Côte Basque, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : La Côte Basque conserve l’image d’une région assez privilégiée. Avez-vous été à l’abri de la crise ou de la vague de pessimisme ?
Catherine Thomine-Desmazures : Il faut dissocier les affaires que nous faisons à un certain prix, qui n’est plus le même prix qu’avant, et la crise. La crise a provoqué un arrêt des affaires, parce qu’il y avait un temps d’adaptation pour les vendeurs entre leurs espoirs déçus et les nouvelles réalités. Ceux qui ne se sont pas adaptés aux nouvelles réalités continuent à ne pas vendre. Mais ceux qui ont compris le marché actuel, peut-être aussi grâce à notre travail, vendent leurs biens. Le marché de la Côte Basque n’a pas été à l’abri de la crise. Cependant, le goût des clients pour la Côte Basque a toujours persisté et ils ne se sont pas désintéressés de la région. Cela veut dire qu’ils sont toujours là à un certain niveau, alors qu’il y a des régions où, même à un certain niveau, les clients ne sont pas là parce que cela ne les intéresse plus. Les gens se demandent toujours : «Qu’est-ce que cela vaudra dans trois ans, si l’on investit dans cet endroit ?» La Côte Basque aura toujours une valeur, mais pas à n’importe quel prix.
Avec l’ISF, la taxe de 75% et le départ des Français à l’étranger, avez-vous ressenti une baisse en gamme de la clientèle française ?
Très clairement et très nettement : 90% de nos clients au-delà d’un budget de 3 millions d’euros sont tout simplement partis de France et ils ne veulent plus y investir pour l’instant. C’est énorme ! Nos affaires tournent bien et normalement jusqu’à un budget de 2 à 3 millions. C’est donc la couche de population aisée, mais pas très riche. Mais la couche de population qui a pu s’organiser pour partir à Bruxelles, Londres ou Singapour, ne souhaite pas pour l’instant investir conséquemment en France. Nous avons perdu toute cette couche de clientèle entre 3,5 et 10 millions d’euros. Sur cette tranche, ce sont surtout des affaires professionnelles, c’est-à-dire des gens qui investissent pour l’avenir en profitant d’une conjoncture qui leur est favorable. Ils capitalisent sur un avenir plus long et ils font cet investissement sous la forme d’un outil de travail pour échapper à l’ISF.
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