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Financement participatif, crowdfunding : les raisons d’un engouement
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Benjamin Wattinne, cofondateur de Sowefund : « Nous regroupons tout le monde à travers une holding et c’est cette holding qui va investir dans la société cible. »
C’est un sujet dont le petit monde de l’Internet parle en ce moment : il s’agit du crowdfunding. En effet, le marché du financement participatif continue de battre des records en France. Ce nouveau mode de financement d’entreprises et de projets a déjà séduit plus d’un million d’internautes et 66,4 millions d’euros ont été levés entre janvier et juin 2014, soit le double de l’année précédente. Sowefund est la première plate-forme de financement participatif en capital qui rassemble les professionnels du financement et les particuliers. Ce nouveau site de «crowdfunding en equity» s’impose sur ce marché naissant en permettant l’investissement à partir de montants accessibles : 100, 200 ou 300 euros selon les dossiers, cela dans les mêmes conditions que les grands investisseurs. Fondée en 2013 par deux professionnels de l’investissement, Georges Viglietti et Benjamin Wattinne, Sowefund annonce faire officiellement partie des quatre premières plates-formes de crowdfunding reconnues par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Elle est immatriculée en tant que Conseiller en investissements participatifs par l’ORIAS, le Registre unique des Intermédiaires en assurance, banque et finance. Benjamin Wattinne répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On dit souvent que les Français se sont désintéressés de l’investissement en bourse. Comment expliquez-vous l’attrait du crowdfunding, alors que son mécanisme n’en est finalement pas très éloigné ?
Benjamin Wattinne : Il y a plusieurs raisons. D’abord, il était difficile de créer une plate-forme de paiement en ligne pour permettre au plus grand nombre d’investir dans une entreprise. Le développement des réseaux sociaux et des nouveaux moyens de paiement a permis de faciliter beaucoup de choses. Ensuite, il y a eu un certain nombre de crises financières et les Français n’ont plus vraiment confiance dans le marché boursier. En revanche, ils sont très intéressés à l’idée de pouvoir participer autrement à l’économie française, en investissant dans des projets d’entreprises à taille humaine. Ils ont envie de choisir là où ils investissent. Quelqu’un qui a des actions chez Total n’aura pas forcément envie d’aller se servir à la pompe chez Total… En revanche, quand on est impliqué dans une plus petite structure, ne serait-ce qu’à l’échelon local, on a envie d’être davantage un ambassadeur de la marque : par exemple, nous avons un projet avec une marque de bière sans gluten, Altiplano, et les investisseurs seront aussi des clients et des ambassadeurs de cette marque.
Au-delà de cet engouement, il va y avoir quelques déconvenues car c’est un investissement plus risqué, notamment en raison de l’absence de liquidité des actions. Vous allez devoir faire beaucoup de pédagogie sur ce point…
Notre concept, c’est vraiment de démocratiser l’investissement en capital dans les entreprises les plus prometteuses. On parle évidemment des entreprises non cotées. C’est un secteur que l’on appelle le capital-risque : ce n’est donc pas pour rien que ce terme est utilisé et cela signifie que nous sommes à un stade de développement des entreprises qui est assez risqué. Nous devons donc informer l’investisseur potentiel des risques liés à ce type d’investissement. Sur le plan réglementaire, l’Autorité des marchés financiers encadre de plus en plus les plates-formes comme la nôtre. Les investisseurs doivent être informés des risques de perte, totale ou partielle, du capital et des risques liés à l’absence de liquidité des actions. Un particulier qui a acheté les actions d’une société, que celle-ci se porte bien ou non, ne pourra pas récupérer son investissement tant que la société ne sera pas sortie par les leviers que nous connaissons : rachat, introduction en bourse, etc. Nous sommes sur des investissements qui ne sont pas liquides pendant cinq à huit ans en moyenne.
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