Le mystère Renault.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!
Lorsque l’on additionne le milliard d’euros que vaut, en Bourse, les 1,55 % détenus par Renault dans Daimler AG, et les presque 14 milliards d’euros détenus au titre des 43,4 % de Nissan, et que l’on rapporte cette somme à la valeur de Renault, une fois déduit l’autocontrôle (15 % du capital, sans droit de vote, détenu par la filiale Nissan), on s’aperçoit qu’il y a pour environ 62 à 65 euros de valeur boursière des simples participations derrière chaque titre Renault qui, en Bourse, est coté à peine plus de 51 €. Si l’on résume, cela veut donc dire que le fonds de commerce de Renault, celui de Renault Samsung Motors, celui de Dacia et de la gamme « Entry » développée sous le nom de Renault partout ailleurs dans le monde ne valent pas zéro selon le marché financier mais ont une valeur négative de l’ordre d’environ une quinzaine d’euros par action.
C’est un mystère boursier, c’est un mystère mondial, surtout lorsque l’on considère que le groupe Renault n’est pas endetté, qu’il génère du cash par son exploitation, et que, dans le même temps, lors du transfert de Fiat, devenu Fiat Chrysler Automobiles (FCA) de la Bourse de Milan à la Bourse de New York ce lundi, malgré environ 10 milliards d’euros de dette nette, ce groupe a été valorisé de façon spectaculaire, gagnant 8 % lors de sa première cotation à New York. Doit-on transférer Renault sur la Bourse de New York ? Quelles sont les raisons qui font que Renault est aujourd’hui aussi manifestement sous-valorisé par le marché ? Ce vendredi, Renault publiera le détail de ses ventes mensuelles de septembre, et donc des chiffres d’immatriculations de la marque et de ses filiales directes (Dacia et Renault Samsung Motors), dans le monde, pour les neuf premiers mois de l’exercice 2014.
Sur les huit premiers mois, ces chiffres ont plutôt été bons, avec une part de marché stable à 4 % là où le groupe est présent, alors que le groupe a subi des baisses significatives de ventes en Argentine, en Algérie, et dans un certain nombre d’autres marchés. Le redémarrage des ventes en Iran n’a pas compensé, car il est intervenu trop tardivement, pour éviter vu les difficultés qu’il y avait à envoyer les pièces détachées, que les neuf premiers mois de l’année soient en recul. En revanche, les très bonnes ventes du Koleos en Chine permettent d’y croître, au rythme actuel du marché, alors que l’entreprise n’y est toujours pas implantée industriellement, elle est en train d’y construire une usine pour y fabriquer le successeur du Koleos, sans oublier, si un accord intervient, la Fluence électrique, qui a été un flop en Europe. Sur les huit premiers mois de l’année, les ventes à l’international avaient reculé d’environ 80.000 unités, en raison d’une baisse des marchés phares de Renault, et d’absence totale de nouveautés sur le marché indien, où le groupe avait percé grâce au Duster, qui est aujourd’hui vendu également sous la marque Nissan, du coup, le marché se trouve partagé.
Internationalisation forte, mais marchés volatils.
En Amérique du Sud, la percée se poursuit au Brésil, mais le groupe subit de plein fouet les difficultés du Venezuela ainsi que celles de l’Argentine, du coup, dans cette région, la baisse a été de 25.000 unités sur les huit premiers mois de l’année. En Russie, où le groupe disposait au mois de septembre de plus de 32 % du marché lorsque l’on tient compte de Nissan et de Lada, ses deux filiales, la marque Renault continue à augmenter sa part de marché, même si c’est plus légèrement que par le passé, il y a aujourd’hui une transition entre la Logan de première génération et la Logan de deuxième génération, en attendant la Sandero de deuxième génération, qui va arriver sur le marché russe, pour épauler la marque, dans sa conquête d’environ 10 % du marché russe, elle est actuellement à presque 8 %, contre un peu plus de 7,5 % sur les huit premiers mois de l’année 2013. La baisse de 24 % du marché algérien, la baisse de 21,6 % du marché turc ont gêné la zone Euromed, même s’il y a eu quelques unités de gagnées sur la Roumanie, qui se porte mieux. Sur les huit premiers mois de l’exercice 2014, la reconquête de Renault a été spectaculaire en Europe, puisque l’entreprise, hors France, y a gagné presque 1 % du marché, et, en France, est passé d’un peu moins de 25 % à presque 27 % du marché, grâce surtout au succès des Captur et de la Clio 4.
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