Un nouveau maire aux ambitions fortes pour son village

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Hubert Degrève, maire de Tubersent (Pas-de-Calais) : « Je passe les trois quarts de mon temps à quémander des subventions pour telle ou telle chose…»

Le déclin d’une commune rurale n’est pas une fatalité. Même sans disposer de moyens financiers importants, un maire peut agir et faire bouger les lignes… C’est ce qui se passe à Tubersent, une commune de 500 habitants située dans le département du Pas-de-Calais. Cet agent immobilier de 56 ans a été élu maire lors des dernières élections municipales et le village commence déjà à revivre, car le nouvel élu ne manque pas d’idées. Gros plan sur un maire qui nous explique comment, avec de fortes ambitions, le visage d’une commune peut sérieusement changer…


L’Hebdo-Bourseplus : ` Comment vous êtes-vous lancé dans la vie municipale avec la volonté de faire évoluer votre commune très rapidement ?

Hubert Degrève : Je n’avais aucun mandat avant d’être élu maire. A un mois de la date de clôture des candidatures, j’ai décidé de créer une deuxième liste en reprenant quelques anciens élus qui ne faisaient plus partie du Conseil municipal, des personnes qui avaient vraiment leurs racines dans le village et des nouveaux arrivants, comme moi, entre quatre et quinze ans d’ancienneté, qui n’avaient pas leur place au Conseil municipal parce qu’ils n’étaient pas nés dans le village. J’ai été élu avec une nouvelle équipe et un programme totalement nouveau. Le programme de l’autre liste se contentait de marteler la continuité : en fait, la continuité de l’existant depuis des lustres ! Je me suis fixé pour objectif de redynamiser le village. Par exemple, il n’y avait plus d’associations sportives. J’ai recréé un club de football : il n’y en avait plus depuis 15 ans et ce club tourne à merveille avec trois équipes depuis quatre mois. Par ailleurs, nous sommes dans une commune qui est régulièrement inondée, car nous sommes entourés d’eau, et il y avait ce gros souci qui n’avait jamais été réglé par l’ancien maire. Nous avons eu de gros orages qui ont inondé plusieurs maisons et je m’étais engagé à régler le problème en amont. Grâce à la communauté de communes, que j’ai talonnée, nous avons creusé deux grands bassins il y a deux mois et cela va permettre de récupérer 80% des eaux en amont. J’ai également interpellé la communauté de communes pour demander le creusement de fossés afin d’éviter que d’autres personnes soient inondées. Tout cela a été fait depuis deux semaines. Ma priorité était vraiment de protéger les habitations. Ensuite, nous avons eu le problème des rythmes scolaires. Nous avons une petite salle des fêtes de 55 mètres carrés et nous avons dû gérer les TAP (Temps d’activités périscolaires) sans avoir de local pour accueillir 42 enfants. J’ai donc dû trouver une solution au plus vite pour assurer un accueil satisfaisant aux enfants, car il n’était pas concevable de faire tout cela dans une salle des fêtes. Nous faisons cela jusqu’à la fin de l’année, parce que nous n’avons pas le choix, mais je suis allé quémander des subventions : Conseil général, CAR, réserve parlementaire, etc. J’ai réussi à obtenir un très bon financement pour un modulaire qui coûte 10 000 euros et qui sera subventionné à hauteur de 70%. Ensuite, nous envisageons maintenant de créer un centre aéré.


Comment satisfaire de telles ambitions quand on est le maire d’une commune de 500 habitants ?

Dans une petite commune comme la nôtre, il faut se battre en permanence, il faut toujours être sur le terrain et je passe les trois quarts de mon temps à quémander des subventions pour telle ou telle chose... Mais j’essaie surtout d’apporter une dynamique que le village n’avait plus. Il y a un lotissement, mais le promoteur n’a malheureusement que quatre réservations, alors qu’il lui en faut au minimum sept pour commencer les travaux. Je lui ai fait comprendre qu’il devait se manifester et faire de la publicité, surtout en pleine crise immobilière… J’ai fait un article sur ce projet dans La Voix du Nord avec une photo prise sur le terrain. J’essaie de relancer ce projet parce que nous avons les écoles, la cantine, la garderie, nous sommes à sept kilomètres du Touquet, nous avons tout pour accueillir les enfants dans les meilleures conditions possible, mais il nous manque des habitants. J’ai donc demandé au promoteur de faire des efforts pour vendre son projet, parce que cela ne va pas tomber du ciel ! Mon souhait est donc d’avoir une vingtaine de nouvelles habitations dans les deux ou trois ans à venir.

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