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Coheris : un plan stratégique qui renforce le groupe dans l’univers des données
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Nathalie Rouvet Lazare, PDG de Coheris : « La réalité de qui décide de quoi chez les éditeurs bascule de plus en plus sur les métiers. »
Coheris a publié ses résultats semestriels, marqués par une réduction de la perte opérationnelle, passée en un an d’environ 1,1 million à 950 000 euros, tandis que le résultat opérationnel courant (ROC) s’est établi à moins 610 000 euros, contre environ moins 1 million au premier semestre 2013. Par ailleurs, la perte nette part du groupe s’est élevée à 990 000 euros, soit 310 000 euros de plus qu’au 30 juin 2013. Toutefois, hors impact des impôts différés actifs sur les déficits fiscaux de la période qui n’ont pas été activés dans les comptes clos au 31 décembre 2013 sur l’ensemble de l’année, le résultat net part du groupe (RNPG) a affiché une progression de 6% en glissement annuel. Le chiffre d’affaires a, de son côté, baissé de 6% à environ 7,4 millions d’euros. L’activité logiciels a généré 4,35 millions d’euros de ventes, en repli de 7,3% en glissement annuel. Une diminution attribuée à un effet de base lié à la régularisation sur le périmètre de licences d’un grand compte au deuxième trimestre 2013 et à un niveau de revenus de maintenance qui reste en retrait du fait de la faiblesse du chiffre d’affaires licences réalisé avec de nouveaux clients au cours des exercices précédents. Les ventes en mode Cloud ont a contrario connu une croissance soutenue au premier semestre 2014. A l’occasion de la publication des résultats pour ce premier semestre, nous avons demandé à Nathalie Rouvet Lazare, PDG de Coheris, de faire le point sur la stratégie de Coheris.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez été nommée l’année dernière à la présidence de Coheris. Or, vous avez un parcours plutôt marketing et études, pas vraiment SSII. Cela vous permet-il d’avoir un œil plus innovant à la direction d’un éditeur de logiciels ?
Nathalie Rouvet Lazare : Avant d’être nommée à la présidence de Coheris en décembre 2013, j’étais arrivée au conseil d’administration comme administrateur indépendant en septembre 2011, avec le constat suivant : il n’y avait pas réellement de personnes connaissant les clients, non pas les DSI (directeurs des systèmes d’information), mais les utilisateurs métiers, c’est-à-dire des gens qui ont passé leur carrière dans l’univers du CRM, du client, du marketing, des marques et des consommateurs. Effectivement, j’apporte à cette entreprise une connaissance des besoins ou des univers de personnes qui sont de plus en plus prescriptrices des solutions logicielles dans les entreprises, à savoir les métiers face aux DSI. D’ailleurs, la réalité de qui décide quoi chez les éditeurs bascule de plus en plus sur les métiers, notamment sur les prérequis des solutions ou des fonctionnalités métiers.
Par exemple, lorsqu’un éditeur comme Adobe lance Photoshop, le logiciel est élaboré en collaboration avec des photographes et des graphistes. Adoptez-vous une approche similaire ?
Absolument. Il s’agit de s’interroger sur son métier et l’intérêt d’avoir à la tête d’un éditeur quelqu’un qui est dans la référence de l’univers du client. C’est relativement logique. Le précédent dirigeant, Fabrice Roux, avait un profil informaticien et il fallait justement se demander, compte tenu de l’évolution du marché et de l’opinion, si un autre profil était plus adapté aux enjeux de la société et à son stade de développement. Historiquement, des petits éditeurs ont été rachetés pour permettre à Coheris de devenir un éditeur de taille conséquente en France et la réflexion sur les enjeux stratégiques de la société a permis d’envisager un changement de profil avec quelqu’un qui a un passé dans l’univers du marketing.