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Le ras-le-bol des propriétaires contre les atteintes à la propriété privée !
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Denys Brunel, président de la Chambre nationale des propriétaires : « On a dépassé les limites du supportable. »
Première association de défense et de services pour les propriétaires et copropriétaires, la Chambre nationale des propriétaires conseille près de 12 000 propriétaires pour tout ce qui concerne la copropriété, la location, les travaux, la gestion et l’optimisation d’un patrimoine immobilier. Actuellement, la Chambre nationale des propriétaires se bat pour atténuer les effets néfastes de la loi ALUR à l’égard des propriétaires. Elle réclame en particulier au gouvernement «un pacte de responsabilité», à son sens le seul moyen de restaurer la confiance et de faire enfin repartir l’investissement locatif. Denys Brunel, président de la Chambre nationale des propriétaires, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On a le sentiment que même si la propriété privée est un droit parfaitement établi sur le plan constitutionnel, elle subit régulièrement des coups de boutoir qui s’exercent sous diverses formes, la principale étant l’arme de la fiscalité. Qu’en pensez-vous ?
Denys Brunel : Tout-à-fait, mais ce n’est pas récent. Or, la situation s’est accentuée au cours de ces dernières années et il y a une pression économique qui fait que la propriété est remise en cause. Quand vous ajoutez l’ISF et tous les impôts qui pèsent sur les revenus des propriétaires immobiliers, il est certain que l’on a dépassé les limites du supportable !
Est-ce parce que la douleur monte progressivement, qu’elle apparaît comme moins violente ?
Oui, mais nous faisons un constat inquiétant : il y a de plus en plus d’adhérents qui ne veulent plus investir dans l’immobilier en France. Je ne parle pas des adhérents qui sont partis fiscalement, à savoir les exilés fiscaux : c’est un autre sujet. Je parle des personnes qui restent domiciliées fiscalement et physiquement en France, mais qui vendent leur patrimoine immobilier en France. Ces gens préfèrent investir au Portugal, en Espagne, en Floride, en Allemagne ou en Belgique… Mais surtout pas en France ! À l’appui de mes thèses, j’observe des publicités de plus en plus fréquentes dans les différents supports de presse. Les salons spécialisés dans l’investissement à l’étranger ont un certain succès et les grands réseaux haut de gamme vont s’installer à l’étranger. Si ces gens créent des agences à l’étranger, c’est qu’ils travaillent, sinon ils ne le feraient pas... Par conséquent, ils ont une clientèle. L’ensemble de ces indices traduit une réalité tangible et c’est quand même très préoccupant, parce que ce sont des gens qui ne vont pas revenir. Ils vont alimenter la propriété immobilière dans des pays plus accueillants sur le plan juridique et fiscal. C’est un vrai sujet que je n’arrête pas de remonter au cabinet du Premier ministre dans mes différentes conversations, puisque c’est quand même lui qui tient la barre dans ces domaines. Malheureusement, avec un succès insuffisant...
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