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Vers des turbulences monétaires
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le différentiel de conjoncture entre les États-Unis et la France s’est encore accru au cours de ces derniers mois. Alors que la croissance s’est nettement améliorée outre-Atlantique, elle s’est fortement tassée dans l’Hexagone. Pis, cela vient accentuer un écart déjà existant depuis plusieurs années. Cela se traduit entre autres par des décisions complètement opposées de la part des Banques Centrales de part et d’autre de l’océan. Depuis quelques mois, la Réserve Fédérale Américaine (Fed) a inversé son cycle de pilotage de l’économie et des marchés. La politique de « Quantitative Easing » est passée progressivement d’un rythme d’achats d’actifs sur les marchés à hauteur de 85 milliards de dollars mensuels à 15 milliards depuis cette semaine. Son soutien à l’activité diminue à mesure qu’une solide croissance semble s’installer aux US. La prochaine étape verrait l’arrêt total de ces rachats et serait suivie par l’entrée dans une phase de hausse des taux administrés (à court terme).
Or, en Europe, la donne est radicalement opposée avec une BCE qui vient tout juste d’entrer dans une phase de rachats d’actifs après avoir mis ses taux au taquet à 0,5 % ! C’est peut être trop tôt pour en juger les conséquences, mais cela n’a pas suscité le moindre sursaut chez les acteurs économiques, tout au plus une flambée des cours boursiers sur le très court terme. A moyen terme, cette divergence dans les cycles économiques se traduit de plus en plus dans l’évolution des marchés boursiers nonobstant la mondialisation de l’économie et l’intégration des sociétés cotées dans un commerce mondial de plus en plus globalisé. Cela se traduit également dans l’évolution des parités monétaires avec le violent décrochage actuel de l’Euro vis-à-vis du dollar notamment.
Or, cela n’est pas sans danger sur la sphère financière, loin s’en faut. Des engagements commerciaux existent et à ce train-là, même les couvertures de change les plus prudentes peuvent voler en éclats et entraîner des accidents graves dans les comptes des sociétés et par effet de levier sur les Banques en manque de capitaux propres. Cela sans compter sur les effets de fuite de capitaux en cas de crise de confiance dans la monnaie unique comme en 2008 et 2011. Par ailleurs, il désormais de compter avec les marchés obligataires qui pourraient commencer à voir leurs taux remonter à cause de l’inversion de la politique monétaire de la Fed qui vient de commencer. Pour le moment, tous les Etats endettés jouissent d’un niveau de taux incroyablement bas et indirectement, cela soutient fortement les marchés actions. En cas de remontée des taux sur la dette, l’étau deviendrait rapidement insupportable pour les finances publiques et par ricochet pour les Banques puis les marchés boursiers.
Du point de vue technique, la reprise actuelle du Cac 40 s’est arrêtée sur la zone de résistance de 4.500 points. Après avoir testé la zone de soutien de la MM200 actuellement autour de 4.400 points, les cours tentent à présent de revenir une nouvelle fois sur cette zone en vue d’un second test de débordement. Au-dessus, il y a encore une forte résistance à 4.600 points.
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