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Une femme brigue la présidence du Sénat
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Nathalie Goulet, sénateur apparenté UDI de l’Orne : « La présidence de Jean-Pierre Bel n’aura pas marqué les esprits et n’aura pas apporté au Sénat ce que l’on pouvait en espérer. »
Nathalie Goulet a récemment annoncé sa candidature à la présidence du Sénat, dont l’élection aura lieu après le prochain renouvellement, le 28 septembre. Elle est rattachée à l’UDI et entend notamment faire campagne sur la nécessité de revoir les pratiques du Sénat : «Les groupes d’amitié coûtent entre 800 000 et un million d’euros, mais ils servent avant tout à offrir des voyages à quelques sénateurs. Je veux les placer sous l’autorité de la commission des affaires étrangères et du président». Nathalie Goulet vient par ailleurs d’obtenir la création d’une commission d’enquête sur les filières djihadistes. Elle fait le point sur l’actualité de la semaine, notamment sur l’affaire Thomas Thévenoud.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous connaissez bien les questions internationales et vous avez décidé de vous porter candidate à la présidence du Sénat. Qu’est-ce qui vous a motivée pour entreprendre cette démarche ?
Nathalie Goulet : D’abord, le fait que je ne corresponde pas aux critères habituels : je ne cumule pas, je n’ai pas été ministre, j’ai une expérience de sept ans au Sénat… Mais, statistiquement, je suis plus représentative de l’ensemble de mes collègues sénateurs que des gens qui ont eu beaucoup de responsabilités. Évidemment, cela n’ira pas sans critiques, mais nous allons essayer… En plus, cela fait sept ans que je suis sénateur : j’ai quelques idées sur le renouvellement dans la maison, du point de vue du fonctionnement interne, mais aussi de l’image, comme des objectifs que doit poursuivre la Haute assemblée en matière de législation, comme du reste…
Vous ne correspondez pas non plus aux critères habituels, parce que vous n’êtes pas issue de la technostructure et du sérail traditionnel des grands partis… Or, cette élection est verrouillée par les partis politiques…
Elle est effectivement verrouillée... L’idée, c’est quand même de présenter un programme. Le poste de président du Sénat est éminemment politique, puisque c’est le deuxième personnage de l’État après le président de la République, il est donc évident qu’il s’agit d’un poste éminemment politique. J’ai beaucoup d’amitié pour Jean-Pierre Bel, mais ce qui s’est passé ces trois dernières années, plus transparent, plus incolore et plus inodore que le Sénat, avec une image plus dégradée, cela va quand même être assez difficile à rattraper ! On ne peut pas à la fois arguer d’un poste politique et d’un poste stratégique, et ne pas l’incarner. Il faut les deux. La présidence de Jean-Pierre Bel n’aura pas marqué les esprits et n’aura pas apporté au Sénat ce que l’on pouvait en espérer. C’est dommage.
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