Cet élan qui change nos vies : l’inspiration.
LITTÉRATURE
Cette semaine, nous allons évoquer un livre qui figurerait dans la rubrique «Psychologie» et bien-être avec une personnalité du secteur. Florence Lautrédou vient de publier «Cet élan qui change nos vies : l’inspiration». Un ouvrage sous forme d’ode à l’inspiration, l’impulsion qui peut nous aider à agir et à renouveler notre vie car une renaissance est souvent possible, même si l’on estime ne pas avoir assez d’énergie… Normalienne et agrégée de lettres modernes, Florence Lautrédou est psychanalyste, coach et certifiée praticien en Hypnose Ericksonienne (IFHE-2011). Elle a créé The Eye Opening Project, afin de favoriser le recours à l’inspiration et aux ressources intuitives pour les dirigeants d’entreprise. Florence Lautrédou possède une solide expérience du conseil en ressources humaines autour de l’accompagnement individuel et du team building en France et à l’étranger (Europe, Russie). Ancienne élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), agrégée de lettres modernes, elle a publié cinq romans («Vanilla» en 1992, «Ombres Solaires» en 1989, «Ouest» en 1996, «Rapport Confidentiel» en 2005 et «Cap Horn, Elle» en 2010 ) ainsi qu’un essai sur le management au féminin («Femme manager» en 1986) et sur l’énergie («En quête des Libérateurs d’énergie» en 2007). L’inspiration est un terme encore peu abordé jusqu’à présent dans notre vie quotidienne, car il semble plutôt réservé aux milieux littéraires ou artistiques.
Or, en réalité, l’inspiration nous concerne tous : «On parle généralement d’inspiration pour qualifier les artistes. Pourtant, je ne connais pas un instant de notre vie où l’on n’ait pas besoin d’être inspiré, que ce soit pour des actes minimes, comme assaisonner sa salade, ou aller voir telle personne plutôt qu’une autre… On est constamment inspiré. C’est pour cette raison que j’ai voulu rendre ce concept beaucoup plus simple, parce qu’il est indispensable pour renouveler nos vies». Elle nous rappelle qu’il y a toujours une base d’inspiration dans tout ce que l’on fait : «Oui, on est constamment à l’écoute de notre environnement, même lorsque l’on croit être concentré sur une tâche. Notre cerveau a d’infinies ramifications et l’on part toujours de quelque chose que l’on a remarqué ou d’une personne qui nous a apporté quelque chose. C’est cette constante construction que j’appelle l’inspiration et dont j’estime que l’on a intérêt à la renforcer».
Florence Lautrédou nous permet de découvrir, à travers cet ouvrage, ce qu’est l’inspiration : «C’est quelque chose que l’on capte dans nos vies. C’est une impulsion à agir, à la différence de l’intuition qui est une sensation que l’on ressent. L’inspiration nous pousse à agir et à poser un acte de renouvellement ou de changement. Cela peut être à travers une personne que l’on admire ou une idée qui nous vient… C’est comme si notre âme nous poussait dans une direction. J’ai pu rencontrer huit personnes dont j’ai vu les destins basculer et ce sont des basculements existentiels puissants. Plus on avance en âge, plus on a de la chance par rapport à l’inspiration, parce que l’on sait que c’est important. Il y a pas mal d’éléments qui nous ramènent toujours à une forme de routine parce que les choses sont bien installées dans nos vies sur le plan professionnel ou personnel. Il y a une forme d’usure et de légère routine, et l’on ne sait plus regarder. J’aime bien regarder les animaux : si vous mettez un jeune chat dans un environnement, il est fasciné… C’est comme un enfant qui observe et qui est à l’écoute de tout. Quand on avance en âge, on a intérêt à rester en éveil de manière à ne pas perdre ses possibilités de renouvellement, parce que c’est notre œil qui s’use et non la réalité extérieure».
Mais il faut déjà avoir conscience soi-même de la nécessité d’être inspiré pour changer sa vie, car une autre philosophie consiste à se laisser aller : «Cela s’appelle l’entropie. On a besoin d’être inspiré quand on n’est pas heureux et quand on sent que l’on est arrivé aux limites d’un système. A partir du moment où l’on est parfaitement heureux et content de sa vie, c’est bien, il faut continuer… Je pense que ce n’est jamais un hasard si à un moment donné on est ouvert à quelque chose d’autre. On a une tête chercheuse qui s’appelle l’inconscient et elle cherche à renouveler quelque chose dans notre vie ou dans notre tête. Il y a beaucoup de personnes qui réfléchissent ou qui discutent et j’ai une grande sympathie pour les gens qui se parlent. À partir du moment où l’on se parle, c’est que l’on cherche quelque part… Je connais très peu de personnes qui, à moins d’être totalement heureuses à l’instant T, ne réfléchissent pas à la suite, parce que l’on évolue sans arrêt». Dans cette volonté que l’on peut avoir de changer sa vie, on observe aussi que certaines personnes veulent tout casser à certains moments de leur existence. Est-ce une autre forme d’inspiration de souhaiter repartir d’une page blanche ?
Réponse de Florence Lautrédou : «C’est une espèce de fantasme alimenté par une construction marketing et des concepts. Cela s’appelle la crise du milieu de vie. Ou la dépression nerveuse... Je crois que c’est une approche trop radicale et brutale pour être positive. Je suis bien placée pour observer la vie des personnes, j’échange beaucoup avec mes confrères, et nous observons de nombreux changements de cette manière. Quand il y a une volonté de tout détruire, c’est souvent un mal que se fait la personne parce qu’elle ne voit pas la solution, donc elle manque d’inspiration. Elle se dit : «Il faut que je change de femme ou de mari ou de pays…» Mais ensuite, ces personnes refont exactement la même chose et elles s’exposent à la même lassitude au bout d’un certain temps. Fossoyer le passé sans avoir vraiment pris le temps de réfléchir est quelque chose d’extrêmement dangereux. Pour moi, ce n’est pas de l’inspiration, c’est un côté suicidaire trop brutal. L’inspiration est quelque chose de positif».
Donc, l’avenir ne se construit pas sur des décombres, mais en créant des extensions : «Oui, cela peut être des extensions, ou laisser une très belle maison en très bon état. Mais, pour moi, cela ne s’accompagne pas en détruisant des choses qui ont été construites, surtout si cela doit faire souffrir des personnes». En conclusion, elle nous confie : «Je conçois mon rôle comme celui d’une passeuse. J’aide les personnes qui sont dans un état insatisfaisant à aller vers un état plus satisfaisant, c’est aussi un projet pour aider à ouvrir les yeux. Nous avons tous tendance à être obscurcis par nos pensées, nos lassitudes ou une certaine négativité, et il est important de voir davantage les choses importantes dans nos vies. J’aide les gens à être plus conscients des fondamentaux de leur existence, mais aussi à voir les choses qui ne se disent pas. Les personnes n’ont pas toujours conscience des signes de la vie et des bienfaits de leur intuition. Quand elles s’ouvrent à ces aspects, elles ne deviennent pas pour autant des gourous perchés sur les montagnes, elles ont juste un équilibre un peu plus important. Il suffit de regarder l’histoire ou l’actualité pour comprendre que les décisions importantes ne sont pas toujours régies par la raison. Nous avons un système rationnel qui croit cela, mais les intuitions et les émotions sont des éléments irrationnels qui interviennent».
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