Un village français en guerre contre les éoliennes allemandes !

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Régis Dorbach, maire de Manderen (Moselle) : « Personne n’a voulu troubler les relations franco-allemandes. »

Manderen est un village de 400 habitants situé dans le département de la Moselle, à seulement quelques mètres de distance de la frontière allemande. Depuis plusieurs mois, les habitants se plaignent de la présence d’un parc de sept éoliennes de 200 mètres de haut, qui se trouvent à une cinquantaine de mètres de certaines maisons. Normalement, c’est interdit par la loi. Toutefois, ces éoliennes sont installées en territoire allemand ! En guise de protestation, le maire a voulu boycotter l’organisation des dernières élections européennes dans la commune, mais il a quand même dû ouvrir la Mairie le jour du vote, sous la contrainte du préfet qui avait envoyé les gendarmes… Pour le maire et les habitants de Manderen, c’est un drame, d’autant que le village abrite le château de Malbrouck, inscrit au titre des Monuments historiques…. Or, une loi européenne interdit l’implantation d’éoliennes à quelques mètres d’un Monument historique… Mais le Monument historique en question est situé en France, alors que les éoliennes sont en Allemagne ! Régis Dorbach, maire de Manderen, ne cache pas sa consternation.


L’Hebdo-Bourseplus : ` Vous contestez la présence des éoliennes juste en face de votre village. Où en êtes-vous dans votre combat ?

Régis Dorbach : L’Allemagne ne respecte pas la loi qu’elle a elle-même votée, puisqu’il est prévu d’éviter l’implantation d’éoliennes à côté de certains monuments ou à côté d’une zone d’habitation. Face à cela, nous n’avons pas été soutenus par le préfet ou par les politiques. Je pense que personne n’a voulu troubler les relations franco-allemandes, puisque le préfet est même venu nous voir, en nous conseillant de ne pas trop nous plaindre...


Finalement, on aura sacrifié un village français au nom de l’entente franco-allemande…

Oui, c’est exactement cela. Les élus nationaux et l’État n’ont voulu qu’une seule chose, c’est que nous nous taisions ! Au moment des élections européennes, parce que nous voulions boycotter le scrutin, le préfet m’a fait venir chez lui. Il était gentil au début, mais il a quand même fait placer la gendarmerie devant la Mairie pour que les élections européennes puissent se tenir normalement.

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