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Un test crucial à 4.300 points
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Cette semaine, l’indice Cac 40 a tenté à plusieurs reprises de repasser au-dessus des 4.400 points, sans succès. Ce niveau s’avère bel et bien une zone de forte résistance comme je l’indiquais dans mes analyses précédentes. Les ordres de vendre commencent à s’y accumuler pendant que le flux acheteur continue de diminuer. Le lieu de la bataille entre haussiers et baissiers s’est délocalisé à présent autour de 4.300 points où passe simultanément la ligne de support du canal d’évolution haussier à long terme et celle du canal secondaire également haussier.
Or, comme la moyenne mobile à 200 bourses (MM200) est devenue plate et que les cours n’arrivent plus à la repasser à la hausse, sa pente va commencer à devenir baissière, ce qui, par définition, caractérise un marché baissier à long terme du point de vue technique. Si de plus, le support majeur actuel de 4.300 points est cassé à la baisse, il faudrait clairement s’attendre à un début d’accélération de la baisse avec à terme un retour au mieux sur la zone de 4.100 points où se trouve le soutien le plus significatif. Sur le reste des places internationales, les signaux de retournement de tendance se font également jour, toutefois dans de faibles proportions pour le moment. Mais ce qui est frappant avant tout, ce sont les signaux de grande faiblesse qui s’accumulent sur les valeurs françaises et par ricochet sur l’indice lui-même.
En outre, cela est à mettre en relation avec la faiblesse persistante de l’Eurodollar (voir mon analyse de la semaine dernière) qui est souvent le résultat de la désaffection des investisseurs étrangers qui commenceraient à retirer « leurs billes ». Ce qui est encore plus frappant, c’est l’évolution plutôt résistante des marchés du Sud (les ex- « PIIGS »), à l’instar de la place de Madrid et dans une moindre mesure Milan. Pour de nombreux investisseurs internationaux, l’Espagne recèle beaucoup plus de potentiel haussier que la France.
D’une part, parce qu’elle revient de plus loin et d’autre part, parce que les réformes de fond y ont été engagées contrairement à ce côté-ci des Pyrénées ! Sur le plan géographique, la Chine semble également recommencer à attirer les investisseurs internationaux comme le montrent les bonnes tenues des places de Shanghai et Hong Kong au cours des dernières semaines. D’un point de vue global, les marchés commencent enfin à intégrer deux données majeures : la fin des effets « kiskool » des actions des Banques Centrales (baisse massive des taux et rachats des actifs toxiques issus des « sub-primes » et de la dette souveraine) et la forte montée des périls géopolitiques dans le Monde (Ukraine, Moyen-Orient, Afrique sub-saharienne, Lybie, …).
En France, l’amateurisme des socialistes au gouvernement et la déconfiture de l’UMP ne laissent guère entrevoir de lendemains meilleurs aux investisseurs étrangers qui ont encore le choix d’aller voir ailleurs. Du point de vue technique, les choses restent assez clairs : le déclencheur se situe au niveau de la zone de support majeur de 4.300 points qui pourrait être étendue jusqu’à 4.250 points. Si elle est cassée à la baisse, il conviendrait de faire très attention sur le court terme. L’étroitesse des marchés en cette période estivale est propice aux attaques spéculatives et aux gros décalages de cours qui profitent toujours aux plus forts !