⟵ Retour
L’ancien ministre est le maire du village préféré des Français
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Paul Quilès, maire de Cordes-sur-Ciel (Tarn) : «Tout le monde reconnaît que nous ne sommes pas un village comme les autres…»
On ne présente plus Paul Quilès, qui a été ministre de François Mitterrand à plusieurs reprises. Il a eu le privilège d’occuper de très hautes fonctions à la tête de l’État et il a aujourd’hui la chance d’être le maire du village préféré des Français. En effet, à l’issue de la troisième édition de l’émission « Le Village préféré des Français», diffusée le 1er juillet dernier sur France 2, c’est Cordes-sur-Ciel qui a remporté le titre. Comme pour les deux éditions précédentes, 22 villages étaient en lice et soumis au vote des internautes. Au final, Stéphane Bern a déclaré la citadelle médiévale de Cordes-sur-Ciel victorieuse de la saison. Une belle victoire pour le maire de la commune, Paul Quilès, qui observe déjà une forte progression de la fréquentation touristique de sa commune. Il répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Ce type d’émission de télévision peut paraître anecdotique et futile, parfois proche du jeu télévisé, mais cela peut être aussi très important pour le développement économique d’un village comme le vôtre. Est-ce votre sentiment ?
Paul Quilès : C’est une opération qui a mobilisé fortement les élus de Cordes-sur-Ciel, en particulier moi-même, l’Office de tourisme et tous les commerçants, artisans et habitants qui ont fait fonctionner leurs réseaux d’amitiés pour que les gens votent pour Cordes-sur-Ciel, parce qu’ils sont convaincus que c’est un village qui en vaut la peine, qui a une histoire, une réalité, une vie et une densité humaine très forte. Les gens se sont aussi mobilisés dans les villages proches, dans la communauté de communes que je préside, mais également dans des villes voisines. Il y a eu une forte mobilisation pour ce qui peut apparaître comme un jeu, mais chacun a voulu jouer son rôle et nous avons gagné. On a pu voir au cours de l’émission que c’est un village splendide. Chacun a pu apprécier la qualité architecturale, historique, humaine et touristique du village. Nous sommes très fiers d’avoir gagné. Maintenant, l’impact économique est indiscutable. Cela commence déjà à se voir et il faudra attendre la fin de l’été pour y voir un peu plus clair. Mais alors que le tourisme a l’air de stagner un peu fin juillet en France, les chiffres sont en augmentation chez nous. C’est quand même un signe.
Vous n’êtes pas un élu rural comme les autres, à plusieurs titres. D’abord, pour un village de mille habitants, vous n’êtes pas confrontés à la désertification médicale ou à la fermeture des commerces de proximité…
Oui, c’est un village qui vit toute l’année, avec des commerçants, des hébergeurs et des artistes. Nous avons une cinquantaine d’artisans d’art reconnus qui contribuent à l’image de Cordes-sur-Ciel. Nous sommes aussi « Grands sites » de la région Midi-Pyrénées. La région a une politique de promotion des grands sites extrêmement dynamique et Cordes-sur-Ciel est l’un des plus beaux « Grands sites » de Midi-Pyrénées. Cela empêche les phénomènes négatifs que vous évoquiez, comme la disparition des commerces, même si l’on peut avoir ici ou là telles ou telles difficultés, bien entendu. De plus, nous avons une communauté de communes que je préside, avec 18 communes, dont certaines sont totalement rurales. Mais elles bénéficient toutes, par contagion en quelque sorte, de l’impact touristique de Cordes-sur-Ciel. C’est quelque chose qui est extrêmement ressenti ici et tout le monde reconnaît que nous ne sommes pas un village comme les autres…