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Inde : la future première puissance mondiale.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!
Lorsque les Français et les Anglais se sont disputés le contrôle du sous-continent indien, l’Inde était la première puissance mondiale, ex-æquo avec la Chine, l’Europe commençait tout juste à croître, s’appuyant sur les Amériques, qu’elle venait de coloniser. Depuis l’indépendance, en 1947, et la partition de l’immense Empirebritannique des Indes, l’Union indienne a eu, cahin-caha, comme seule et unique priorité, de nourrir sa population, d’atteindre l’autonomie alimentaire, et de faire vivre sa démocratie, toujours cahin-caha, en réduisant progressivement les inégalités sociales, qui sont consubstantielles à ce pays organisé en castes, pour la majorité de lapopulation. L’Inde est, à la différence de la Chine, la plus grande démocratie du monde, et il y a eu, entre le 7 avril et le 12 mai dernier, près de 815 millions d’électeurs qui furent invités à voter, avec un taux de participation de 66,3 %, soit deux points de plus que le précédent record de 1984.
L’Union indienne, une mosaïque.
L’Inde peut donc se réformer, mais avec progressivité, car c’est une mosaïque d’Etats, de partis politiques… même si le Congrès national indien a été largement défait, ne conservant que 44 sièges sur les 543 élus que compte la chambre basse du Parlement, avec seulement 19,3 % des voix. Il s’agit donc de la fin d’une dynastie, celle du fondateur du pays, Jawaharlal Nehru, qui a eu comme successeur Indira Gandhi (rien à voir avec le Mahatma), puis la famille, le dernier avatar, l’arrière-petit-fils, Rahul Gandhi, ayant été si sévèrement battu aux dernières élections. La concentration géographique de la coalition « alliance démocratique nationale » lui a permis de remporter une majorité absolue à la chambre basse de 282 sièges avec seulement 31 % des suffrages, le reste s’étant dispersé dans énormément de partis régionaux. Avec les coudées franches, pour quelques années, le parti nationaliste hindou va exercer le pouvoir national comme il l’avait exercé localement, à travers son leader, qui a redressé l’Etat dont il était le patron.
Le nouveau Premier ministre, M. Narendra Modi, a gouverné le Gujarat de, 2001 à 2014. Situé juste en dessous du Rajasthan, le Gujarat est un Etat limitrophe du Pakistan, orienté vers le golfe arabo-persique, qui a connu un développement très largement supérieur à celui de l’Inde en moyenne, qui avait une croissance de 7,5 % en 2011, réduite à 4,7 % en 2013, qui sera comprise entre 3,5 et 5 % en 2014. Même si ce gouvernement hindouiste (religion majoritaire avec 80 % de la population indienne), et vu de l’extérieur comme ultranationaliste, pourrait être considéré comme un danger pour les minorités, au contraire, les premières mesures de Narendra Modi, lors de son inauguration, avec l’invitation du Premier ministre du Pakistan, montre qu’il a une politique régionale, d’ouverture, une sorte de « reconstitution de l’Empire ». Actuellement, l’Inde est, depuis 1947, en rivalité constante avec le Pakistan voisin, et se trouve concurrencé, dans le domaine de la fabrication à bas prix, par le Bangladesh enclavé à sa frontière orientale. De la même manière que les pays d’Amérique du Sud ont créé le Mercosur, l’Inde a comme projet, à terme assez rapide, de créer une zone de libre-échange qui comprenne le Pakistan, le Népal, le Bangladesh, Ceylan, le Bhoutan, le Sikkim et la Birmanie.
Créer une vaste zone régionale, reconstituer l’Empire des Indes.