Drame de la colonie de vacances à Ascou : la colère du maire

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Claude Carrière, maire d’Ascou (Ariège) : « Quand les gens s’imaginent que l’on peut mourir en buvant de l’eau dans un village, l’activité économique est détruite ! »

Toute la France a entendu parler du drame survenu à Ascou avec la mort du jeune Abdelrazak. Que s’est-il réellement passé ? Les médias ont unanimement insisté sur la responsabilité de l’eau, cela avant même d’avoir pris connaissance des résultats des analyses. Or, on sait aujourd’hui que le décès de ce jeune garçon de huit ans n’est pas imputable à la qualité de l’eau. Malheureusement, le mal est fait : la colonie de vacances est fermée pour tout l’été et le maire de cette commune de 146 habitants se retrouve confronté à une dure réalité économique. C’est en effet la survie de sa station qui est en jeu, parce que les médias se sont évertués à relayer une information infondée. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes furieux à l’égard des médias. Pour quelles raisons ?

Claude Carrière : À ce moment-là, lorsque j’ai rencontré les médias, je leur ai dit qu’ils parlaient de choses qu’ils ne connaissaient pas, puisque nous attendions tous les résultats des analyses et personne ne pouvait affirmer que le décès de ce jeune enfant était lié à l’absorption d’une eau non conforme et impropre à la consommation. Il y a eu un matraquage terrible, avec toutes les conséquences que cela peut avoir, et j’ai essayé de faire comprendre aux journalistes qu’ils devaient faire preuve d’une certaine réserve en attendant les informations, c’est-à-dire les résultats des analyses. Évidemment, les médias se sont lancés dans la surenchère pour vendre du papier et faire de l’audience, c’était trop facile... Mais, ce qui m’agace le plus, c’est que nous avions ces analyses d’eau depuis le 3 juillet, bien avant le décès de cet enfant ! Il y a des analyses régulières qui sont faites sur tous les réseaux d’eau de la commune et l’analyse disait que l’eau était non consommable pour les personnes fragiles. Les personnes fragiles, ce sont les personnes âgées, les nourrissons et les femmes enceintes : cela voulait dire que l’eau n’était pas impropre à la consommation pour le reste de la population. Lorsqu’il y a un centre de vacances, le syndicat de l’eau intervient immédiatement, il essaie de chlorer davantage l’eau et, lorsque ce n’est pas suffisant, il amène de l’eau minérale. C’est d’ailleurs ce qui a été fait. Il y a eu une distribution d’eau minérale pour toutes les personnes, sans aucune distinction. Je connais bien cette procédure, je suis élu depuis 1983, et nous n’avons jamais eu l’intention de donner de l’eau impropre à nos abonnés.


Aujourd’hui, à cause d’une opération de désinformation, vous devez gérer une catastrophe économique sur votre commune…

C’est évident. Le centre de vacances a été fermé le 9 juillet. Madame la Préfète a voulu attendre les résultats des analyses pour donner l’autorisation de réouverture du bâtiment. Finalement, ce n’est pas l’eau, ce n’est pas l’alimentation, mais il est certain que nous n’ouvrirons plus ce centre de vacances jusqu’à la fin d’été, alors qu’il était complet jusqu’au mois de septembre. La décision du gérant a été de dire : «On ne veut plus ouvrir cet été, car on risque d’avoir encore des soucis». La perte économique est considérable pour le centre de vacances. Nous espérons maintenant pouvoir ouvrir l’hiver, car c’est un centre qui se trouve au pied des pistes et qui amène quand même pas mal de monde à la station puisqu’il a 220 lits. Que va-t-il se passer cet hiver ? Les gens vont-ils se dire qu’il ne faut pas y aller ? C’est un gros problème d’image pour le village, puisque j’ai même des résidents secondaires qui m’ont téléphoné en me disant qu’ils ne viendraient pas cet été. Or, les résidents secondaires sont alimentés par un autre réseau qui n’a rien à voir ! Quand les gens s’imaginent que l’on peut mourir en buvant de l’eau dans un village, l’activité économique est détruite !

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.