Sisteron récompensée pour son action en faveur du commerce de proximité

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Daniel Spagnou, maire de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) : « Le centre-ville, qui était en train de mourir, a pu retrouver sa vitalité. »

Daniel Spagnou, maire de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), vient de recevoir une Marianne d’Or pour son action en faveur de la revitalisation du centre-ville et du commerce de proximité. La Marianne d’Or est en quelque sorte le César des élus locaux : chaque année, un jury composé de membres de la société civile récompense des élus pour leurs actions. Concernant Sisteron, c’est au titre de la politique de dynamisation du commerce de proximité et de la revitalisation du centre-ville, grâce au FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce), que le maire de Sisteron vient d’être promu à ce palmarès. Daniel Spagnou répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle a été votre recette pour dynamiser le commerce de proximité ?

Daniel Spagnou : Il fallait faire quelque chose. Nous ne pouvions pas laisser tous les commerces s’en aller et avoir un centre-ville mort, nous avons donc beaucoup réfléchi. À cette époque, j’étais député et le gouvernement de Nicolas Sarkozy s’était penché sur ce problème. Nous avons créé un fonds d’intervention pour le maintien du commerce local. C’est de l’argent qui est mis à la disposition des collectivités locales, avec un contrat de cinq ans et des objectifs bien précis, comme ramener les populations dans les centres-villes. En ce qui nous concerne, nous avons racheté les murs des commerces qui étaient fermés, nous avons fait quelques travaux avec les services municipaux et nous les avons loués à des artisans d’art, c’est-à-dire des peintres, des sculpteurs ou des dessinateurs… Tout cela a contribué à redynamiser le centre-ville. Les gens sont revenus et les commerces ont rouvert. À ce jour, j’ai le même nombre de commerces qu’il y a 25 ans à Sisteron. En même temps, nous avons fait revenir de nombreux services municipaux qui étaient partis à l’extérieur du centre-ville, comme le centre multimédia qui a 400 adhérents. Par ailleurs, l’association des commerçants a un commerce à sa disposition, elle a pignon sur rue en plein centre-ville, elle a une secrétaire que la mairie met à sa disposition et ils font de très nombreuses opérations pour attirer les clients.

Parallèlement, il y a eu une opération de réhabilitation de l’habitat, puisque nous avons ramené des populations dans le centre-ville en réhabilitant une trentaine de logements en plein centre-ville. Cela a donc contribué à ramener des familles avec des enfants dans le centre-ville. C’est donc toute une opération globale qui a été menée. Grâce à tout cela, le centre-ville, qui était en train de mourir, a pu retrouver sa vitalité. En même temps, nous allons mettre en place au début du mois de septembre une navette électrique : elle ira chercher les gens dans les quartiers pour les amener au centre-ville. Cette mesure vise à les inciter à ne pas prendre leur voiture pour aller directement dans les zones commerciales. Cependant, ce que je déplore, c’est que j’ai eu un contrat de FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) signé par un ministre de la République, Benoist Apparu : or, lorsque la gauche est venue au pouvoir, elle a supprimé le FISAC... Alors, nous continuons le FISAC, mais c’est nous qui payons ! L’État n’a pas tenu les engagements de ses prédécesseurs et j’estime que c’est bien dommage ! Aujourd’hui, tout le monde trouve que le résultat est magnifique et je peux dire que c’est une belle réussite.


Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a surtout deux obstacles au développement du commerce de proximité : la difficulté de stationnement pour les voitures dans le centre-ville et l’excès de normes et de règlements sur l’ouverture des commerces…

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