L’ancien magistrat publie sa "Lettre ouverte à Christiane Taubira"

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Georges Fenech, député UMP du Rhône :  « L’objectif de Madame Taubira, bien qu’elle s’en défende, est de vider les prisons. »

Il y a des députés qui travaillent et qui préparent l’alternance, pendant que les chefs de l’opposition bataillent pour se partager les postes... L’ancien magistrat Georges Fenech, aujourd’hui député UMP du Rhône, vient de publier un essai intitulé «Lettre ouverte à Christiane Taubira», dans lequel il dénonce la politique de laxisme de l’actuelle ministre de la Justice à l’égard des délinquants. Mais il présente aussi des propositions qui pourraient bien être reprises par la future majorité de droite dans l’hypothèse d’une alternance. Georges Fenech rappelle : «La première des libertés, c’est quand même le droit de pouvoir vivre en sécurité et j’ai voulu m’adresser aux Français dans un langage compréhensible par tous». Il apporte son éclairage d’expert sur «la criminalité et les moyens que l’on devrait mettre en œuvre pour que l’État remplisse sa mission régalienne qui est d’assurer la sécurité des Français.» Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Écrire un livre est un acte important puisque l’on pose la réflexion dans le temps, on sait qu’il pourra être relu quelques années plus tard. Ce n’est pas comme simplement dénoncer une loi en disant : «Dans l’hypothèse d’une alternance, nous changerons ce texte…» Pourquoi avez-vous décidé de vous manifester sous la forme de cette «Lettre ouverte à Christiane Taubira» ?


Georges Fenech : Un livre permet une réflexion en profondeur, car cela permet d’aborder toute la problématique relative à la politique pénale, qui est très marquée du sceau de la culture de l’excuse et du laxisme, avec la suppression des «peines plancher», avec la création de cette peine «hors les murs», baptisée pompeusement contrainte pénale, et dont on sait qu’elle n’aura pas d’effets sur les récidivistes. On assiste à un détricotage complet de tout notre système répressif qui avait été mis en place et qui, quand même, produisait ses effets. La difficulté pour Madame Taubira, c’est qu’elle ne veut pas relancer le programme de construction de places dans les prisons. Il manque au moins 20 000 places dans les prisons en France, il faut donc trouver une solution à la surpopulation carcérale et tout est fait pour éviter en amont les incarcérations et pour, en aval, libérer avec des examens automatiques les personnes avec des aménagements de peine. On voit bien que l’objectif de Madame Taubira, bien qu’elle s’en défende, est de vider les prisons. J’ai voulu, à travers ce livre, expliquer aux Français les raisons de cette orientation. Je rappelle qu’elle est issue d’un courant idéologique qui est porté par le Syndicat de la magistrature et elle est en train de traduire dans les faits cette déconstruction du système répressif qui aura des conséquences très lourdes au niveau de la délinquance, avec une augmentation du niveau des récidives.


Mais n’est-ce pas quelque chose que l’on observait depuis des décennies, car cela fait longtemps que les policiers se plaignent d’arrêter les bandits et de les recroiser quelques heures plus tard parce qu’ils ont été relâchés par les juges…

La question de l’exécution des peines se pose depuis de nombreuses années, parce que l’on n’a pas pris les moyens qu’il fallait. Par exemple, en Grande-Bretagne, il y a 96 000 places de prison, contre 58 000 en France. On voit bien qu’il y a des difficultés puisque 100 000 peines ne sont pas exécutées actuellement en France et l’on sait que 20 000 peines ne seront jamais exécutées… L’inexécution des peines, c’est un message de laxisme et, dans les banlieues ou dans les lieux très criminogènes, ce message est parfaitement entendu. Je pense aussi aux mineurs : les socialistes veulent également supprimer les tribunaux correctionnels pour les mineurs, que nous avions créés lors de la précédente législature. Tout va dans le sens du déshabillage de tout ce qui a été fait avant.

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