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Un jeune maire confronté à la démagogie ambiante
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Joris Hébrard, maire du Pontet (Vaucluse) : « Le gratuit n’existe pas et c’est toujours le contribuable qui paie. »
Depuis quelques jours, la décision du nouveau maire FN du Pontet, Joris Hébrard, de supprimer la gratuité de la cantine pour les plus faibles revenus fait couler beaucoup d’encre dans la presse nationale. On l’accuse d’extrémisme, de racisme, de vouloir s’attaquer aux plus défavorisés, qui plus est aux enfants... Bref, rien ne lui est épargné… Pourtant, toute personne intellectuellement honnête ne saurait être choquée par l’initiative en elle-même puisque le repas, désormais payant, sera facturé 1,57 euro ! Aucun foyer en France ne trouvera un repas complet, même chez un distributeur dit «premiers prix», pour un tel montant ! Cette mesure vise surtout à responsabiliser les familles et à leur faire prendre conscience que la gratuité n’existe pas. Alors, pourquoi un tel acharnement contre le maire ? Tout simplement parce que ce jeune élu est membre du Front national. Or, que l’on partage ou non les idées de ce parti, force est de constater qu’ il n’y a pas là de quoi créer une telle polémique… Joris Hébrard, maire du Pontet dans le Vaucluse, a accepté de répondre aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Qu’est-ce qui vous a amené à prendre cette décision et à ouvrir ce débat ?
Joris Hébrard : D’abord, le débat a été amené par la presse ! Nous étions en train de réviser l’ensemble des tarifs municipaux : cela va du droit de terrasse au mètre linéaire pour les commerçants non sédentaires, en passant par les tarifs d’intervention des entreprises lorsqu’elles font une saignée dans la route… D’ailleurs, nous avons supprimé certains tarifs, comme les droits de parasol sur les terrasses, et nous avons harmonisé tout cela avec ce qui peut se faire dans les communes du même type. Nous avons augmenté certains tarifs, nous en avons baissé d’autres et nous en avons aussi supprimé. Lorsque nous avons regardé ce qui se passait à la cantine, nous nous sommes aperçus qu’il y avait trois tarifs, le tarif plein, le demi-tarif et le quart de tarif, ainsi que la gratuité totale. Le tarif plein, c’est 3,15 euros, ce qui reste toujours abordable pour un repas. Nous avons donc décidé de supprimer la gratuité pour deux raisons. D’abord, mon prédécesseur UMP nous a laissé 50 millions d’euros de dettes sur un budget de 40 millions ! Nous devons donc trouver de l’argent. Le manque à gagner pour la cantine représente 30 000 euros. L’opposition nous rétorque que ce n’est rien… Mais 30 000 euros, ajoutés à 10 000 euros ici ou 40 000 euros là, cela représente de l’argent qui devrait rentrer dans les caisses de la ville, qui en a bien besoin. Ensuite, nous voulons mettre fin à une pratique courante, celle de la gratuité des services : par exemple, la garderie est gratuite à l’école.
Mais elle n’est pas gratuite, puisqu’elle est payée par les contribuables solvables...
J’allais justement aborder ce sujet. Les transports en autobus sont également gratuits. J’ajoute qu’il n’y a pas de parcmètres sur la commune ! Tout est gratuit au Pontet. Une journée au centre de loisirs pour un enfant, activités sportives avec des professeurs agréés et sorties à l’extérieur, coûte 6 euros. Le gratuit n’existe pas et c’est toujours le contribuable qui paie. Nous voulons gérer au mieux, surtout redonner une certaine éthique à la vie publique, et nous considérons que chacun doit contribuer à la dépense commune. Lorsque l’on est l’usager d’un service, même si ce n’est pas au juste prix, on doit quand même s’acquitter d’une contribution. Le système social français permet aux familles les plus démunies de bénéficier de nombreuses aides et de ne pas payer d’impôts. Mais il fallait quand même les inciter à se responsabiliser en leur demandant de payer 1,57 euro le repas. Franchement, c’est un symbole et cela reste abordable. Il s’agit simplement de montrer qu’il n’y a rien de gratuit.