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Immobilier : les acquéreurs ont peur de plonger !
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Fabrice Abraham, directeur général de Guy Hoquet l’Immobilier : « Sur la même région, en fonction de l’endroit où vous vous situez,centre-ville ou périphérie, vous n’aurez pas la même logique. »
Le réseau Guy Hoquet l’Immobilier vient de dresser le bilan du marché immobilier pour le premier semestre 2014. Fabrice Abraham, directeur général de Guy Hoquet l’Immobilier, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment se porte le réseau Guy Hoquet l’Immobilier ?
Fabrice Abraham : Le réseau se porte bien, mais il pourrait se porter mieux si le marché voulait sourire à un plus grand nombre de Français, puisque nous avons connu au premier semestre 2014 un retrait des volumes de ventes de 4,9%, corrélé à une légère inflexion des prix. Mais elle est légère et disparate, les prix du marché immobilier ancien représentent une mosaïque de régions avec des logiques complètement différentes. La France voit ses prix baisser de 0,8%, c’est pour le prix au mètre carré tel que l’on peut l’observer au cours du premier semestre 2014, comparé au même premier semestre 2013 : on peut donc dire que les prix stagnent. Nous avons une France qui est coupée en deux par les prix et des acquéreurs qui boudent leur plaisir. En effet, ils ont des prix qui s’infléchissent depuis trois ans, ils ont des taux d’intérêt qui portent leur solvabilité et ils n’ont jamais eu autant de biens à vendre. Malgré tout, ils tardent à passer à l’acte alors que les visites, pour les acquéreurs, ont augmenté de 40%. Cela signifie qu’il y a davantage d’acquéreurs. Le marché attise certaines convoitises de la part des acquéreurs, mais ils mettent plus de temps, en moyenne quatre mois, pour passer à l’acte. Auparavant, le temps moyen était de deux mois. Donc, nous voyons bien qu’il y a des affaires à faire et que l’on peut profiter de taux bas et de prix qui sont beaucoup plus sages que par le passé, mais il y a une crise de confiance qui retarde la décision d’achat.
Tout cela est le symptôme d’une crise de confiance dans un pays. La piscine est à la bonne température, mais on hésite à plonger parce que l’on ne sait pas très bien nager…
Oui, cela s’apprécie avec des niveaux très différents. Paris voit ses prix augmenter de 0,9% au cours du premier semestre et l’on observe cela dans tous les centres des grandes villes françaises. Après, nous observons un phénomène de centrifugeuse qui fait que plus l’acquéreur acceptera de s’éloigner du centre-ville, plus il bénéficiera de prix à la baisse. C’est particulièrement vrai pour les maisons dont la décote est encore plus importante que pour les appartements. Par exemple, les maisons sur la petite couronne voient leur prix augmenter de 2,2%. Sur la grande couronne, toujours pour les maisons, les prix baissent de 2,9%. Pour les appartements, la petite couronne parisienne voit ses prix augmenter de 1,2%. En grande couronne, toujours pour les appartements, les prix baissent de 1,7%. Ce phénomène de centrifugeuse qui voit les prix se réduire à proportion que nous nous éloignons des centres-villes se constate partout. Nous observons aussi que les villes de plus de 20 000 habitants connaissent une très sensible baisse des prix, puisque nous sommes à moins 0,6% ; a contrario, dans les villes de moins de 20 000 habitants, les prix sont en baisse de 4% ! Nous sommes vraiment dans une France qui est coupée en deux par les prix et bien malin est celui qui peut décoder instantanément la tendance du marché immobilier dans l’ancien, car nous avons tout et son contraire : sur la même région, en fonction de l’endroit où vous vous situez, centre-ville ou périphérie, vous n’aurez pas la même logique.