Elior vient défier Sodexo en Bourse.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!

Sodexo, Elior : le match de la malbouffe va se poursuivre en Bourse. Je sais que je vous ai choqué par cette accroche ! Pourtant, c’est quand même l’impression d’ensemble des enfants qui mangent dans une cantine Sodexo, c’est de la m…, même si ce n’est pas vrai, même si la nourriture est saine, Sodexo, comme ses concurrents, a une très mauvaise réputation. Faire des repas complets avec moins de deux euros par personne à nourrir, ce n’est pas une affaire facile, les faire sains, équilibrés, c’est en plus une gageure. Sodexo est une affaire familiale, qui a conquis, patiemment, la place de numéro deux mondial de la restauration collective, juste derrière le britannique Compass.

Cette entreprise, au capital toujours contrôlé par la famille du fondateur M. Pierre Bellon, et dirigée de longue date par Michel Landel, directeur général, une personne qui connaît par cœur l’éthique de la maison, une entreprise qui s’est implantée, à partir de sa base française, un peu partout dans le monde, y compris dans les pays émergents. L’an dernier, le groupe Sodexo, qui nourrit toute la caravane du Tour de France (des VIP aux coureurs en passant par les visiteurs de passage…), à partir de sa cuisine géante de Dreux (28), a réalisé 21 % de son chiffre d’affaires sur les pays en développement tels que la Chine, le Brésil et l’Inde, ou d’autres… Au début, celui qui a inventé les « bases-vie », s’est implanté dans les pays en développement à travers le secteur minier, où Sodexo a été chargé de nourrir les cadres expatriés d’abord puis les salariés locaux, sur l’Afrique, le Moyen-Orient, qu’il s’agisse des bases pétrolières ou sur des mines de métaux ferreux ou non-ferreux. Cette grande spécialité, qui a fait la richesse et la pelote de départ du groupe Sodexo, lui a permis de connaître les pays les uns après les autres, partout où les clients allaient, Sodexo les a nourris. 


Sodexo a un métier : vous nourrir.


Sodexo est une entreprise qui emploie 428.000 personnes dans le monde, à travers la gestion des cantines, de services en sous-traitance pour les écoles, les hôpitaux, les prisons… et souvent les armées de différents pays. L’activité de restauration compte pour plus des deux tiers de ses ventes, même si elle est à maturité, elle contribue encore, bon an mal an, à une petite croissance. Quand on s’occupe du restaurant d’une entreprise, d’une école, on a aussi la possibilité de s’occuper d’autres choses, telles que la gestion des besoins énergétiques ou l’entretien des bâtiments. C’est une activité de diversification pour Sodexo, qui ne pesait que 18 % du chiffre d’affaires en 2006 et qui représente aujourd’hui 27 % des ventes. A terme, la part sera entre 35 et 40 %, avec une image différente, des services beaucoup plus mesurables, et une objectivité chronométrée concernant notamment la baisse des coûts en ce qui concerne les besoins en réfrigération ou en chauffage, ce qui est contractualisable, avec des objectifs, et une marge d’autant plus forte pour Sodexo qu’il y aura respect des délais et des objectifs. Sodexo est une entreprise relativement peu endettée. Son premier semestre se termine le 28 février de chaque année, et, au 28 février 2014, l’endettement net de Sodexo n’était que de 674 millions d’euros soit seulement 23 % des fonds propres.

A fin février 2015, on sera en dessous de la barre de 20 % des fonds propres… ce qui montre l’extrême prudence qui est celle de la direction en ce qui concerne les acquisitions réalisées. Le groupe crée la plupart de ses activités nouvelles, mais peut avoir besoin, ponctuellement, de renforcer des compétences ou de s’implanter, en achetant une entreprise qui est complémentaire géographiquement de l’ensemble du dispositif Sodexo. Sodexo a une politique de distribution correcte, mais qui privilégie l’entreprise et le long terme, en ne distribuant que la moitié du bénéfice distribuable. La famille n’est pas gourmande, elle paie ses impôts en France, elle exige que l’entreprise garde l’argent dans la caisse, de façon majoritaire, pour ne pas avoir de mauvaises surprises, en cas de retournement conjoncturel. Le groupe Sodexo est propriétaire d’une activité « chèques-déjeuner », qui lui apporte une certaine trésorerie récurrente, ce qui est agréable, mais loin des actifs contrôlés dans le même secteur par son rival de toujours, Edenred, ancienne filiale « tickets-restaurant » du groupe Accor.

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