Immobilier : plus de liberté pour dynamiser le marché !
LA VIE DE L’IMMOBILIER
Marc Gedoux, président de Pierre Étoile : «On a beaucoup trop d’interventions et cela fige le marché.»
Marc Gedoux est le président de Pierre Étoile, une entreprise de promotion et de construction immobilière qui livre environ 350 appartements par an. La société a réalisé un chiffre d’affaires de ventes de 75 millions d’euros lors de son dernier exercice. Marc Gedoux, président de Pierre Étoile, s’exprime régulièrement, et sans langue de bois, sur la politique du logement. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : La politique du logement en France semble toujours abordée par nos gouvernants sous l’angle étatique, en voulant minimiser les lois du marché. Plus on est dans ces perspectives, plus on s’aperçoit que l’on court à l’échec… On nous répète pourtant qu’il n’y a pas assez d’interventions de l’Etat. Mais elles peuvent aussi être inadaptées... Est ce qui caractérise notre pays ?
Marc Gedoux : C’est tout-à-fait le cas. Mais on a aussi des contre-exemples avec des libéralisations à outrance - je pense à l’Espagne - et tout cela a conduit à des excès. C’est la grande crainte de nos gouvernants, la spéculation et le mécontentement des électeurs au final. Il est vrai que la voie de la libéralisation et de la non-intervention de l’État seraient salutaires. Aujourd’hui, on a beaucoup trop d’interventions et cela fige le marché. En plus, on est complètement schizophrène, on a un discours pour faire baisser les prix du logement, on veut mettre beaucoup plus de foncier sur la table, mais on n’y arrive pas. J’ai vécu cela récemment dans un Conseil général. Sur le bureau, on nous explique qu’il faut mettre du foncier à la disposition des opérateurs, notamment des opérateurs sociaux mais, quand on est dans le concret, on vend au plus cher… Je suis allé voir un Conseil général pour la libéralisation d’un terrain sur lequel il y a un équipement qui sert à l’alimentation électrique de certains systèmes de régulation. C’est quelque chose de tout petit, qui peut très bien être transposé sur une petite surface, mais on nous a expliqué qu’il y avait dix personnes sur le terrain, qu’il fallait les déplacer et que cela allait être difficile… On aurait pu faire 80 logements, dont des logements sociaux et, pour dix personnes qui sont sur place, il y a un blocage. Le discours politique vise à faire plus de logements et, derrière, on n’assume pas… L’intervention de l’État et des organismes publics est inefficace car, dès que l’on entre dans le concret, il y a des blocages. Les bras m’en tombent lorsque je vis ce genre de situation, je pensais que l’on avait un peu dégraissé le millefeuille, mais ce n’est pas le cas.
Vous vendez 350 appartements chaque année en moyenne, vous êtes un indépendant et vous êtes certainement en contact avec des confrères qui sont dans d’autres pays. Que vous disent-ils ?
Je viens de déjeuner avec un promoteur autrichien. Il nous a expliqué que l’obtention des autorisations était plus compliquée qu’en France, mais qu’il y avait beaucoup plus de terrains disponibles. Le foncier était beaucoup moins limité qu’en région parisienne et les prix de vente en accession libre étaient beaucoup plus raisonnables. À Vienne, dans les quartiers les plus huppés, cela peut monter très cher, mais on est plutôt entre 3 000 et 5 000 euros le mètre carré. C’est une constante. Donc, il n’y a pas trop de discussions sur la spéculation foncière, parce qu’il y a un consensus pour dire que cela ne se vendra pas plus cher que 5 000 euros et le choix de l’opérateur se fait sur la qualité des logements et la qualité architecturale. Les Autrichiens se battent beaucoup sur la qualité architecturale. Mais il est beaucoup plus compliqué d’obtenir les autorisations, parce qu’il y a une marge de concertation. C’est une mini enquête publique pour un permis de construire lorsque l’on dépasse 1 000 mètres carrés de plancher. C’est la même chose en Suisse. À l’inverse, il y a moins de recours, parce qu’il n’y a pas d’affichage comme c’est le cas en France. Les permis de construire obtenus sont publiés dans les gazettes de publications légales et, si vous n’êtes pas abonné à ces gazettes, vous n’avez pas les moyens de savoir qu’il y aura une construction à côté de chez vous. Donc, les recours sont beaucoup plus rares. Finalement, il est plus facile de sortir des opérations. En plus, ce n’est pas comme en France où l’on vend au plus cher.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.