Gros plan sur le leader mondial de l’innovation technologique pour les entreprises
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Nicolas Valtille, directeur général délégué d’Akka Technologies : «Nous avons des centres de compétences qui permettent de réfléchir avec les clients sur leurs sujets et de leur faire gagner beaucoup de temps et d’argent.»
Le groupe Akka Technologies a enregistré un chiffre d’affaires 2013 de 878,8 millions d’euros, en croissance de 6,2%, et légèrement supérieur à son objectif de 875 millions. Le résultat opérationnel s’élève à 49,7 millions et le résultat net part du groupe atteint 31,1 millions d’euros, contre 40,4 millions en 2012. Akka Technologies, groupe européen d’ingénierie et de conseil en technologies, accompagne les grands comptes industriels et tertiaires sur les différentes étapes de leurs projets, de la R&D et l’étude, à l’industrialisation. Leader en Allemagne et en France dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, et grâce à la mobilité de ses équipes et à un positionnement international, Akka Technologies intervient dans le monde entier, sur des projets à la pointe de la technologie. Le groupe compte près de 11 000 collaborateurs et il est présent dans 20 pays : Allemagne, Belgique, Canada, Chine, Emirats Arabes Unis, Espagne, France, Hongrie, Italie, Inde, Maroc, Pays-Bas, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Suisse, Tunisie, Turquie, U.S.A. Nicolas Valtille, directeur général délégué d’Akka Technologies, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes souvent associés, en raison de votre nom, à une SSII, alors que le cœur de votre métier est de conseiller les entreprises en matière de recherche et développement. On est parfois surpris car la recherche est un secteur très protégé au sein d’une entreprise. Comment intervenez-vous dans ce domaine ?
Nicolas Valtille : Nous ne sommes pas une SSII, mais il se trouve que depuis que nous sommes cotés en Bourse, les marchés financiers ont besoin de nous mettre dans des cases et on nous a mis dans la case des SSII. Mais il n’y a que dans cet univers de la finance que l’on nous considère ainsi ! Vous vous demandez comment une société extérieure peut plonger au cœur de l’innovation de ses clients ? Si je voulais être provocateur, je répondrais : «Comment une banque comme la BNP peut-elle se plonger au cœur des secrets financiers d’Altran, d’Alten, d’Assystem et d’Akka, puisque c’est notre banquier à tous les quatre ?» Donc, comme tous les prestataires sérieux, nous avons des murailles de Chine. Dans toutes les sociétés, il y a des gens très experts et très compétents, mais ils sont parfois obligés de demander de l’aide à l’extérieur. Nos clients, parfois n’ont pas le temps, parfois n’ont pas le savoir et ils peuvent estimer qu’ils n’ont pas besoin de l’acquérir, parfois ils veulent bénéficier d’expériences accumulées dans d’autres secteurs d’activités ou chez d’autres clients et ils viennent voir Akka Technologies. Concrètement, dans le cadre du véhicule Link and Go - le véhicule 2.0 que nous avons présenté au salon de Genève - il faut savoir que toutes les technologies qui sont à l’intérieur sont inspirées des secteurs de l’aéronautique et du ferroviaire. L’une de nos feuilles de route était d’interdire l’accès de nos chercheurs aux bases de données du secteur automobile. Je peux vous dire que c’est une démarche qui intéresse beaucoup Daimler, Renault ou Peugeot…
Finalement, votre force, c’est la transversalité…
C’est la possibilité d’avoir des regards décalés, de stimuler l’innovation et de présenter des perspectives à nos clients. Par exemple, un fabricant de téléphones va concentrer sa recherche dans cet univers, sans chercher à aller plus loin. Un chercheur qui aura travaillé dans la santé pourra dire à ce fabricant : «Et si vous aviez une fonction permettant au téléphone de prendre le pouls de la personne ?» Et c’est ce genre de regard décalé qui stimule l’innovation. Nos clients sont en général des très grands groupes industriels et il y a trois sujets majeurs. D’abord, ils ont des stratégies sur des produits bien particuliers. Par exemple, quand ils sont dans le téléphone, ils regardent sous l’angle du téléphone. Ensuite, ils ont des collaborateurs qui sont d’un très bon niveau, mais qui restent dans l’entreprise. L’avantage, c’est de très bien connaître le segment, l’inconvénient, c’est qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’aller voir ailleurs. Le troisième point, c’est que nos clients sont à l’affût de ce qui peut les décaler. En interne, la première réflexion est : «Comment faire pour amortir les lignes de production existantes ?» C’est logique. On a tendance à vouloir lancer des produits qui vont pouvoir utiliser tous les moyens de production qui existent. Or, ces moyens de production peuvent être une contrainte quand on veut avoir un vrai décalage dans l’innovation. C’est aussi l’avantage que nous apportons dans le processus d’innovation de nos clients.
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