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Dématérialisation : une entreprise française en pointe
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Emmanuel Olivier, directeur général d’Esker : «Les entreprises commencent à réaliser l’opportunité que représente la dématérialisation.»
Esker est un éditeur de logiciels spécialisé dans les solutions d’automatisation des processus de dématérialisation. C’est un sujet central pour les entreprises, comme pour les particuliers, qui souhaitent de plus en plus archiver leurs documents sous un format numérique. Les solutions développées par Esker sont impressionnantes et cela n’a rien à voir avec le simple fait de scanner et d’archiver des documents dans un dossier informatique. En effet, le processus permet d’affiner des recherches, d’automatiser le traitement et l’envoi des documents, et de faciliter un ensemble de tâches au sein de l’entreprise. Ainsi, bien au-delà de la dématérialisation, il s’agit vraiment d’une chaîne logicielle qui permet aux entreprises de gagner en productivité. Avec un chiffre d’affaires de 41,1 millions en 2013, Esker se positionne comme le 23ème éditeur de logiciels en France.
Esker se classe par ailleurs au 5ème rang des champions du SaaS avec une croissance de plus de 16% de ses solutions Cloud en 2013. Pour le premier trimestre, Esker annonce une hausse de 12% de son chiffre d’affaires. Le groupe souligne que «la récurrence du chiffre d’affaires, proche de 80%, l’entrée en production des nouveaux contrats signés au cours de ce trimestre et une amélioration des conditions économiques permettent à Esker d’anticiper une croissance plus soutenue de son chiffre d’affaires». Emmanuel Olivier, directeur général d’Esker,répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez une offre très large de dématérialisation, avec les factures, la diffusion de documents, les commandes ou l’archivage… Quel est l’état d’avancement de la dématérialisation professionnelle dans les entreprises ?
Emmanuel Olivier : Déjà, il faut différencier la dématérialisation que l’on opère dans sa vie quotidienne - notamment en gardant ses documents dans son ordinateur ou en conservant ses factures reçues par courrier électronique - de la dématérialisation professionnelle. Mais on retrouve aussi cela dans l’environnement professionnel, notamment lorsque l’on scanne tous les documents édités sur papier. C’est le premier degré de la dématérialisation : c’est-à-dire reproduire son environnement papier sur quelque chose d’électronique. Nous travaillons plutôt sur le deuxième niveau, qui consiste à s’organiser autour de processus métiers basés sur la circulation de documents électroniques. Ainsi, au lieu de répliquer le monde du papier dans le domaine du numérique, on modifie la donne en changeant le fonctionnement de l’entreprise. La dématérialisation au premier niveau, c’est-à-dire transférer l’univers papier sur le disque dur, continue de se répandre, cela devient de plus en plus commun, mais le deuxième niveau est beaucoup plus rare.
Nous avons fait récemment une étude sur l’informatisation des entreprises et sur leur processus de prise de commandes, et il apparaît que le niveau d’équipement est assez faible. Il y a beaucoup d’entreprises qui ne sont pas équipées de solutions permettant de les aider à rationaliser ce processus en mode zéro papier et, quand elles sont équipées, ce sont des solutions de premier niveau. Finalement, elles n’ont pas encore construit leur processus autour des documents électroniques pour retrouver ce que l’on appelle la piste d’audit des documents économiques avec les documents qui justifient cette transaction, c’est-à-dire toute la chaîne qui justifie la transaction économique. Tout cela devrait être facilement retrouvable et c’est une exigence, non seulement en termes de contrôle interne, mais aussi vis-à-vis de l’administration fiscale. Pour arriver à faire cela, il faut être organisé avec des documents électroniques et pas simplement faire une réplication du monde papier… Sur ce point, nous n’en sommes qu’aux prémices. Les entreprises commencent à réaliser l’opportunité que représente la dématérialisation, mais nous ne sommes qu’au début de la vague.