Distribution d’eau, ordures... on cherche des actionnaires.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!

Remous à venir dans l’eau ! Même si le titre Veolia Environnement a gagné 12,48 % depuis le 1er janvier de cette année, il reste à des niveaux faibles, aux alentours de 13,30 euros, qui ne sont pas satisfaisants pour les actionnaires principaux, qui ont souvent un prix de revient très largement supérieur. La Caisse des dépôts et consignations dispose actuellement d’environ 9 % du capital, le groupe industriel Marcel Dassault (la famille), de 6 %, l’assureur Groupama de 5,15 %, à travers une société d’investissement, le Qatar est à 4,51 %. Dans l’ensemble, tout le monde se trouve avec des prix de revient de l’ordre d’au moins 23 ou 24 euros, très rarement dans les 13 à 13,50 euros, les cours actuels. Du coup, comme le coupon de 70 centimes n’apporte pas un rendement colossal face à l’investissement consenti et qu’il y a, pour la plupart des actionnaires, des pertes significatives si jamais une sortie se fait sur la base du cours actuel, beaucoup de gens commencement à renâcler, à chercher à vendre, en bloc, de manière à pouvoir sortir par le haut, ou avec le moins de casse possible. Selon mes informations, les 6 % de Dassault et les 5 % de Groupama sont à vendre et, sur ces 9 % environ, la Caisse des dépôts voudrait réduire sa participation de moitié, vendre donc 4 à 4,5 % du capital. Vendre 5 % estfacile, y compris sur le marché, avec une certaine décote, le reclassement se ferait sans trop de soucis. Vendre 10 % ou, mieux, 15 %, pourrait se faire à un niveau supérieur, tout simplement parce que cela donnerait à l’acquéreur un rôle de premier actionnaire, un poids influent dans le conseil d’administration de Veolia, avec au moins deux administrateurs, sinon trois. 


Veolia : n°1 mondial de l’eau.


Veolia Environnement est le numéro un mondial dans tout ce qui concerne les prestations de services liés à l’eau, avec notamment l’assainissement, la distribution d’eau potable, des systèmes d’ingénierie, et de construction d’installations de traitement des eaux. En France, le groupe termine une importante période de renouvellement de contrats avec des communes, il a fallu revoir les tarifs à la baisse, ainsi que les investissements pour le futur, afin de conserver des concessions qui étaient en danger de retomber sous le régime de la régie directe. Veolia a essayé de se transformer, de rebondir, après les calamiteuses années de Jean-Marie Messier suivies de non moins calamiteuses années où le groupe distribuait davantage d’argent au titre du dividende que le bénéfice qui était encaissé dans l’année… la dette se creusait juste pour pouvoir payer un coupon aux actionnaires. Depuis qu’Antoine Frérot est devenu PDG, en succession d’Henri Proglio, devenu patron d’EDF, Veolia Environnement a réussi à peu près à dénouer les nombreux soucis qui avaient été récupérés en héritage. Très récemment, EDF et Veolia ont finalisé la scission de leur filiale commune Dalkia, qui est un acteur mondial très important dans le domaine des services énergétiques. Cette opération s’est traduite par la prise par EDF de l’intégralité des activités du groupe Dalkia en France, celles à l’international revenant dans le giron de Veolia Environnement.

Si Veolia a sorti un résultat net en pertes en 2013 (moins 135 millions d’euros contre un bénéfice de 404 millions en 2012), il s’agit de simples effets de la dépréciation de la valeur de fonds de commerce du secteur propreté en Allemagne, des charges de restructuration ainsi que du coût du rachat anticipé d’un certain nombre d’emprunts obligataires, des éléments non récurrents. En revanche, le résultat net récurrent part du groupe de cette entreprise a été assez correct, à 223 millions d’euros, le résultat opérationnel récurrent grimpant de 16,9 %, à change constant, pour se situer en 2013 à 922 millions. Cela n’est pas très impressionnant sur un chiffre d’affaires de 22,315 milliards d’euros. Beaucoup plus significatif, il est intéressant, dans ce genre de métiers où les investissements sont lourds et les amortissements élevés, même s’ils sont plus rapides que la durée de vie réelle des « tuyaux » qui sont mis en place, de regarder la capacité d’autofinancement opérationnelle. L’entreprise a été stable, avec 1,8 milliard d’euros, un recul de 2,4 % à taux de change constant. Cela a permis de rabaisser à 8,2 milliards d’euros au 31 décembre l’endettement financier net, et cela permet d’espérer que l’entreprise pourra être à peine au-dessus de 7 milliards d’euros d’endettement financier net au 31 décembre 2014.


Demain, ou après-demain... de vrais profits.

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