Aruba veut faire de la pédagogie sur la réalité du Cloud
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Éric Sansonny, directeur général d’Aruba :«Beaucoup de gens pensent que le Cloud consiste à mettre simplement des données sur Internet, c’est une vision très réductrice !»
La société italienne Aruba, spécialisée dans les services informatiques, se développe en Europe sur le marché du Cloud computing. Aruba propose de nombreux services en Italie : accès à Internet, hébergement, Cloud, noms de domaines, etc. L’entreprise s’est développée en France sur le marché du Cloud. Pour mieux se faire connaître, elle vient de lancer un programme de soutien afin de permettre à des jeunes pousses de bénéficier d’une aide financière qui peut aller jusqu’à 25 000 euros sur trois ans. Cette aide prend la forme de crédits à utiliser dans les services de Cloud proposés par Aruba. Éric Sansonny, directeur général d’Aruba, nous présente la stratégie de ce géant italien de l’Internet qui arrive en France en développant des services de Cloud orientés IaaS (stockage, machines virtuelles, réservation de ressources...).
L’Hebdo-Bourseplus : En Italie, Aruba est une société très importante, de la taille d’OVH ou de Gandi en France. Elle a donc choisi de se développer en France sur les métiers du Cloud. La présentation de vos services diffère de celle des hébergeurs classiques, comme OVH ou 1&1, car les termes utilisés évoluent vers le haut de l’hébergement Cloud... Pourquoi cette orientation très spécifique ?
Éric Sansonny : Exactement, on peut dire qu’Aruba est en Italie ce que OVH est en France. Aruba est un groupe italien, né en 1994 sur le métier de l’accès à l’Internet, et c’est un acteur qui s’est très vite recentré sur le métier de l’hébergement ou sur celui de la sécurité. Le groupe est également présent sur d’autres métiers, comme la santé, puisqu’en Italie l’équivalent de la Carte vitale est géré par Aruba. Il y a une réelle expertise dans l’authentification et la signature électronique. Assez vite, Aruba a trouvé les limites du territoire italien, c’est assez paradoxal, car l’Italie est un pays assez difficile à pénétrer, 1&1 en sait quelque chose, mais il est aussi assez difficile d’en sortir… C’est la raison pour laquelle les entreprises italiennes ont principalement axé leur développement, non pas vers des pays majeurs comme l’Angleterre, l’Allemagne ou la France, mais plutôt vers des pays d’Europe centrale ou de l’Est, par de la croissance externe, notamment en Slovaquie ou en République Tchèque. Aruba a eu cette stratégie dans les années 2000. Le milieu de l’hébergement reste un petit milieu et Aruba m’a contacté il y a deux ans, puisque je venais d’un hébergeur assez connu, en l’occurrence Amen, en me proposant le développement sur l’Europe occidentale, c’est-à-dire la France, l’Angleterre et l’Allemagne, non pas par voie d’acquisitions, mais à travers la création d’entreprises en partant de zéro. Le Cloud a commencé à se répandre, c’est devenu une réalité technique, mais aussi dans les usages des consommateurs.
Or, la vision d’Aruba, c’est que le Cloud est réellement l’avenir du métier d’hébergeur au sens large du terme. En France, on a une vision un peu réductrice du métier d’hébergeur : on pense essentiellement à de l’hébergement Web. Mais le Web est une application comme une autre et, aujourd’hui, on parle aussi d’hébergement applicatif, à travers des sites, mais également du SaaS ou la gestion des applications métier. On est sur une définition large du mot hébergeur et cela ne peut passer à l’avenir qu’à travers le Cloud. Notre métier de base, c’est l’infrastructure, c’est notre ADN, c’est-à-dire permettre aux entreprises de pouvoir s’épanouir sur le Cloud, sans devoir procéder à des investissements massifs. On peut aller vers de l’hébergement plus classique, mais tout en restant sur nos fondamentaux, à savoir le Cloud. Nous n’arrivons pas en nous positionnant comme un acteur de plus. Je vois les annonces de la concurrence et je constate que nous n’avions pas tout faux dans notre approche de départ ! Au moment où nous avons lancé toutes ces activités, Google ou Amazon opéraient principalement sur des échelons continentaux, c’est-à-dire servir l’Amérique du Nord depuis un data center aux États-Unis, servir l’Europe depuis un data center situé en Irlande ou au Luxembourg, on était dans une approche continentale.
La vision que nous avons, c’est que le Cloud a une dimension nationale, qui n’est pas incompatible avec l’international, mais c’est avant tout un besoin et des réponses à un échelon national pour se conformer à des législations ou répondre à des besoins locaux. Plus le centre de données est proche des utilisateurs, plus il est rapide d’accès, donc l’accès à l’information est accéléré et cela permet également de soutenir une croissance européenne des clients en les laissant choisir eux-mêmes le centre où les données seront hébergées. Ensuite, quand vous écoutez le discours des acteurs du marché, les uns vous disent qu’il faut utiliser VMware, d’autres CloudStack, d’autres OpenStack... Chacun essaie de vendre sa sauce et, au final, je ne suis pas sûr que cela intéresse énormément les clients. Nous avons fait le choix d’être totalement agnostiques sur ce point, puisque le client peut choisir la technologie de virtualisation qu’il souhaite dans nos infrastructures. On se départit ainsi d’une problématique qui est assez forte au niveau des moyennes ou des grandes entreprises. La virtualisation n’est pas apparue du jour au lendemain, c’est un écosystème qui s’est bâti, et les entreprises utilisent déjà la virtualisation dans leurs infrastructures locales, et donc déjà des logiciels de supervision et d’ordonnancement qui leur permettent d’avoir une infrastructure fixe pour faire varier le nombre de machines qui vont tourner dessus.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.