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Vers un assouplissement de la loi Littoral pour faciliter le développement économique
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean Bizet, sénateur UMP de la Manche :«Il y a un terme que je ne supporte pas : c’est le mot décroissance.»
Jean Bizet, sénateur UMP de la Manche, vient de publier un rapport avec Odette Herviaux, sénatrice PS du Morbihan, intitulé : «Plaidoyer pour une décentralisation de la loi Littoral : un retour aux origines ». Cette fameuse loi Littoral est loin d’être anodine puisqu’elle a pour effet, depuis plusieurs décennies, d’entraver le développement économique de nos côtes. Or, c’est sur ces zones que la population se développe. Saviez-vous qu’en France il est aujourd’hui impossible de créer un nouveau port ou une unité de thalassothérapie ? Dans leur rapport, les parlementaires ne souhaitent pas abandonner la loi Littoral, mais ils préconisent que son application soit confiée aux collectivités. Jean Bizet répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus et il commente aussi l’actualité économique.
L’Hebdo-Bourseplus : La cote de popularité de François Hollande ne remonte toujours pas, mais Manuel Valls semble disposer d’un capital de sympathie au sein de l’opinion publique. On assiste à des protestations de plus en plus vigoureuses de la part de la gauche. Et, à droite, on trouve qu’il y a beaucoup de promesses pour 2025 ou 2030, mais rien de très concret pour maintenant. Sommes-nous repartis pour patauger pendant plusieurs mois encore ?
Jean Bizet : Ce que je crains, c’est que nous ne soyons totalement dans la communication ! Il n’y a pas de choses très précises. La France ne parvient toujours pas à engager un train de réformes obligatoires. Elle est aujourd’hui en surveillance financière renforcée. Cela, ce n’est pas Bruxelles, c’est nous tous. Le 2 juin, très exactement, il faudra que la France renvoie une copie à Bruxelles excessivement précise pour rentrer dans les clous, à savoir ne pas dépasser les 3% de déficits publics. On est arrivé à 94% de dettes publiques. Ce ne sont pas des chiffres tirés au hasard, même s’ils ont été inscrits dans Maastricht : ce sont tout simplement des ratios prudentiels qui, au-delà, font que le remboursement des seuls intérêts de la dette s’avère être le premier poste budgétaire de l’État. C’est 50 milliards par an de remboursement, simplement des intérêts de la dette ! Il faut réformer, que ce soit le fait de la droite ou de la gauche. Même avec un gouvernement de gauche, s’il y a des choses très claires, je voterai oui, si, précisément, ce sont des réformes rationnelles.
Ce gouvernement fait voter des lois pour empêcher le surendettement des Français et interdire à toute personne qui a trop de crédits de contracter de nouveaux emprunts, mais il va redemander des crédits alors qu’il est lui-même surendetté ! Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais…
Si, effectivement, on ne propose pas un train de réformes conséquent, le marché va finir par douter de la capacité réformatrice de la France et les taux d’intérêt vont remonter. A ce moment-là, ce sera une vraie rigueur qui s’installera dans notre pays et vous verrez que les pays qui sont entrés dans une phase de rigueur - je parle de l’Espagne, du Portugal et de l’Irlande - et qui sont en train de sortir par le haut, condamneront fermement la France pour n’avoir pas eu le courage de mener ces réformes. Sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, sous le gouvernement Fillon, nous avions commencé à entamer ces réformes et c’est précisément parce que le président Hollande n’a pas voulu croire, ou faire croire, que nous étions dans une période difficile, que nous avons perdu globalement deux ans. Et cela, c’est dramatique !