Fusions, acquisitions, OPA... La fête commence.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!

C’est parti pour un tour ! Alors que, en France, le Président de la République reçoit à l’Elysée le bal des prétendants aux activités d’Alstom, qui sera réduit, en cas de vente de son activité « power » (énergie), à uniquement la fabrication des TGV, des tramways et des rames de métro, le groupe américain, géant de la pharmacie Pfizer sort son chéquier, avec 100 milliards de dollars dans la balance… pour acheter son concurrent britannique AstraZeneca. 100 milliards de dollars, c’est tout de même une sacrée somme. L’offre de Pfizer, même si elle n’est pas acceptée, pour l’instant, par le bureau (board) d’AstraZeneca, est destinée à se concrétiser… car il est vraisemblable que Pfizer est en mesure, en cas de besoin, de rajouter 5, 10, 15 ou 20 milliards de dollars, en papier ou en argent, afin d’obtenir l’accord, qui est presque nécessaire à ce genre d’opération de fusion et d’acquisition. AstraZeneca a eu une offre dès le 5 janvier dernier, à l’époque, l’opération était valorisée à 98,7 milliards de dollars, le groupe britannique a rejeté cette proposition car « sous-évaluant et significativement AstraZeneca ». Depuis, les négociations sont revenues, et, pour Pfizer, il va bientôt être le moment de sortir un chèque plus élevé, permettant de fusionner les deux grands groupes de la pharmacie. 


Publicis sur la sellette.

Actuellement, le groupe Publicis est en pleine finalisation de ses discussions de fusion avec le géant américain Omnicom, ce qui n’entraîne pas toujours qu’une partie de rose, mais, s’il y a rupture, soit apportera 500 millions de dollars dans les caisses de Publicis, si la rupture vient de la part d’Omnicom, soit coûtera 500 millions de dollars à Publicis et rapportera 500 millions à Omnicom… Car, dans ce schéma, tout le monde s’était bordé, au moment de l’annonce des fiançailles. La fusion de Publicis et d’Omnicom assurerait, d’assez loin d’ailleurs, la constitution du numéro un mondial dans le domaine de la publicité et du conseil médias, et, sans bourse délier, ferait remonter Havas du sixième au cinquième rang dans le classement des grands groupes internationaux de communication, lui donnant une valeur intrinsèque bien supérieure à sa valeur actuelle, puisqu’il prendrait une valeur stratégique significative. On voit bien que les fusions et les acquisitions sont des opérations à plusieurs bandes, permettant d’amener plusieurs acteurs à se valoriser ou se revaloriser les uns les autres. Lorsque Publicis discute avec Omnicom, parmi les bénéficiaires, il y a Havas.

Lorsque Sopra lance une offre d’échange sur son concurrent, la société de services en informatique Steria, il y a eu, immédiatement après, une remontée du cours de Bourse de GFI Informatique, cette petite entreprise de quelques centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires ferait vraisemblablement figure de « lot de consolation » pour le perdant qui n’aura pas Steria puisque Atos, autre grande entreprise dans le secteur des services en informatique, s’est lancé dans la bagarre, sans concrétiser pour l’instant une offre, mais pourrait sortir du bois, lorsque l’opération sera officiellement lancée. Les opérations de fusion ne sont pas très simples à mener. Lorsque les dirigeants de Publicis et Omnicom ont indiqué qu’ils désiraient fusionner (entre égaux), au mois de juillet dernier, cette opération valorisée à 35 milliards de dollars était, bien évidemment, sujette au feu vert des autorités de la concurrence un peu partout dans le monde, dans l’Union européenne bien sûr, aux Etats-Unis… mais également il fallait obtenir le feu vert des autorités de concurrence chinoises. Ce dernier feu vert se fait attendre, car la Chine n’est pas très pressée, son administration n’est pour l’instant pas très réactive. Mais il y a eu également des difficultés pour faire valider un double dispositif qui prévoit le siège social légal du futur duo aux Pays Bas et sa résidence fiscale au Royaume-Uni… ce qui fait un peu une sorte de grand écart, une optimisation fiscale qui ne semble pas signe d’une transparence future.


Omnicom ne fixe pas de date.

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