L’ancien ministre de l’Economie et des Finances est tête de liste des Européens dans le Grand Ouest

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean Arthuis : « Sortir de l’euro et sortir de l’Europe, c’est préparer le chaos économique et social. »

L’UDI et le MoDem présentent des listes communes dans toute la France sous le sigle «Les Européens». C’est Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne et ancien ministre de l’Économie et des Finances, qui conduit la liste dans la circonscription du Grand Ouest regroupant les régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes. Jean Arthuis défend son engagement européen dans un livre intitulé «L’Europe, dernière chance pour la France», où il explique que contrairement à ce que l’on entend souvent dire, cela ne va pas plus mal depuis la mise en place de l’euro, cela parce que la situation serait pire sans cette monnaie commune… Il indique aussi pourquoi il estime que l’Europe constitue une chance pour la France. Jean Arthuis répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes tête de liste aux élections européennes pour l’UDI et le MoDem dans la circonscription du Grand Ouest. Vous défendez une vision de l’Europe axée sur la liberté économique et la prospérité. Est-ce votre programme en résumé ?


Jean Arthuis : Ce que je souhaite, c’est que nous trouvions enfin les conditions de la croissance et de l’inversion de la courbe du chômage. Il y a beaucoup de déconvenues dans le fonctionnement des institutions européennes et, à la veille des élections du 25 mai prochain pour le Parlement européen, les europhobes et les eurosceptiques vont donner de la voix. Pourtant, ma conviction profonde est que notre avenir, c’est l’Europe. Nous sommes dans la mondialisation. Les États membres de l’Union Européenne s’efforcent de préserver les apparences d’une souveraineté nationale, mais on voit bien que lorsqu’ils exercent à l’échelon national leurs prérogatives de souveraineté - qu’il s’agisse de diplomatie, de défense, de lutte contre la fraude et les paradis fiscaux, de politique énergétique, de politique industrielle, de contrôle des flux migratoires - ces prérogatives de souveraineté exercées au plan national affichent malheureusement l’impuissance politique. C’est cette impuissance politique qui crée l’exaspération de nos concitoyens. Je veux donc aller devant les électeurs pour leur faire partager une conviction, une vision et des propositions, et les convaincre que notre avenir c’est l’Europe et que cette Europe, pour être forte dans la mondialisation, doit unir tous les pays qui la constituent. Tous ces pays ont les mêmes valeurs : les valeurs de l’humanisme, les valeurs de la démocratie, les libertés publiques, l’attachement à l’économie sociale de marché, la justice, l’État de droit... Donc, puisque nous partageons les mêmes valeurs, puisque nous sommes dans la mondialisation, à nous d’en tirer les conséquences pour faire de l’Europe, non seulement une puissance économique mais aussi une puissance politique.


Dans la vision économique et politique de l’Europe, la convergence intellectuelle se situe soit chez les souverainistes, comme Jacques Myard par exemple, soit chez les fédéralistes, comme les centristes. Entre les deux, on a l’impression que l’on essaie de faire plaisir à tout le monde... Il n’y a pas de véritable cohérence et l’on aboutit à l’échec…

L’Europe est une espèce d’addition d’égoïsmes nationaux et l’Europe sert de paravent à la prolongation de fautes de gouvernance nationale et de turpitudes de gouvernance. Je suis exaspéré par cela, je voudrais que les choses changent. Nous avons tous les atouts pour réussir et la France ne doit pas se méprendre. La France se trouve aujourd’hui marginalisée et son modèle est en péril. Nous avons trop longtemps spéculé sur l’abondance et la générosité de l’État providence, moyennant quoi notre parole ne fait pas autorité au sein de l’Union européenne. N’allons pas croire que c’est l’Europe qui fera un certain nombre de réformes structurelles à notre place pour redonner de la compétitivité à l’économie et, surtout, au travail. En cela, il y a urgence à réduire le montant des cotisations sociales : qu’il s’agisse des cotisations d’allocations familiales ou d’assurance santé, tout cela doit trouver d’autres financements que des cotisations qui alourdissent le coût du travail et qui organisent assez méthodiquement la délocalisation des activités et de l’emploi.

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