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Capitaux russes : un facteur déstabilisant ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La crise de Crimée pourrait avoir des conséquences complètement inattendues non pas en raison des troubles politiques et économiques qu’elle serait susceptible d’induire sur l’Europe, mais surtout en réaction aux mesures de rétorsion financières sur les avoirs russes aux Etats-Unis. Ainsi, parmi les données récemment publiées par le Trésor Américain, il ressort que la Belgique est désormais le troisième pays détenteur de dette publique Américaine et ce n’est pas une nouvelle blague Belge ! En réalité, il s’agit de capitaux Russes transférés récemment vers ce pays pour leur éviter de subir un éventuel gel.
Cela explique en partie également la très bonne orientation des marchés du Sud de l’Europe (obligataires et actions) depuis quelques semaines alors que les marchés US marquent nettement le pas ! Une certaine logique de « guerre financière » semblerait se cacher derrière cette situation pour le moins atypique et cela colle parfaitement avec le profil belliqueux et le mode opératoire politique nationaliste de Vladimir Poutine. Dans le même temps, la Banque Centrale Américaine s’apprête à commencer à relever progressivement ses taux directeurs pour les ramener très lentement à la normale, ce qui prendrait sans doute plusieurs années. Le chemin reste cependant très étroit car les responsables de la Fed ne souhaitent pas voir le billet vert trop s’apprécier par rapport aux autres devises, ce qui compromettrait le retour à une croissance forte et durable.
Éviter coûte que coûte de pousser la spéculation à jouer la hausse du Dollar est essentiel dans ce type de situation. Aussi, à moyen terme, les flux de capitaux vers l’Euro se poursuivent ainsi que les investissements sur les places boursières de Madrid, Paris et Milan qui continuent de flirter avec leurs records malgré la forte correction intervenue sur les places boursières américaines. Cet équilibre reste malgré tout fragile et instable en raison de la composante psychologique forte actuellement découlant du conflit et de ses conséquences potentielles difficiles à mesurer et à prévoir.
En attendant, la volatilité des marchés s’est fortement accrue et les corrections alternent avec les fortes hausses sans qu’il y ait de vraies raisons à cela. A long terme, la principale menace vient toujours de la fragilité du système bancaire européen sur-dimensionné et qui n’a pas réussi à panser ses plaies ouvertes après la double crise des « sub-primes » et de la dette grecque comme il aurait dû le faire au cours des quatre dernières années.
En France, le tâtonnement et la panique budgétaire au plus haut niveau de l’Etat ne semblent pas pour autant émouvoir outre mesure les investisseurs étrangers. Cela prouve au moins que l’Euro protège parfaitement bien car en d’autres temps, il y aurait belle lurette qu’on aurait déjà essuyé l’ire des marchés ! Sur le plan technique, le Cac 40 tente un enième retour au-dessus des 4.400 points pour aller chercher les 4.500 dans la foulée. L’étroitesse des volumes rend cela plus facile mais gare au retour de balancier en cas de décrochage des marchés Américains qui montrent des signaux de faible depuis plusieurs semaines. Le prochain support important se trouve dans la zone des 4.200 points.
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