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La BCE sous forte pression
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La hausse se poursuit au-dessus des 4.400 points après une petite correction secondaire et un bref passage des cours en dessous de ce nouveau niveau de soutien. A moyen terme, le mouvement haussier en cours se déroule dans le canal haussier secondaire matérialisé par une ligne de support passant actuellement autour de 4.150 points et une ligne supérieure (résistance) évoluant à 4.500 points. Ce niveau a subi récemment un test de débordement et a été suivi par une correction. Les vendeurs semblent réagir seulement à l’approche de cette zone et ne semblent guère pressés de vendre en dessous comme le montrent les faibles volumes d’échange actuels. L’écrasante majorité des intervenants ne voient pas actuellement de raisons de se dégager des marchés boursiers alors que tout est fait pour qu’ils y restent et qu’ils s’y renforcent : des taux historiquement extrêmement bas, un marché de l’immobilier atone et des liquidités « en veux-tu en voilà » !
Tout le monde attend de la BCE des mesures de type « Quantitative Easing » sensés pousser encore les marchés à la hausse. C’est à peu près la seule raison qui les pousse encore à acheter car l’ensemble des places boursières avait largement anticipé la reprise consécutive à la sortie de crise de 2011 et cela est plus que largement intégré dans les cours. Malheureusement, beaucoup de monde se trompe sur la situation actuelle qui n’est absolument pas saine. Il faut savoir qu’aux États-Unis, la Réserve Fédérale rachète des actifs avec l’argent en excès déposé par les banques commerciales à son guichet.
C’est de l’argent recyclé et non créé (pas de « planche à billets »!!) contrairement aux affirmations de nos éminents spécialistes dont le nouveau Premier ministre lui-même qui demande à la BCE d’en faire autant. Or, en Europe, la relation de la Banque Centrale avec les banques commerciales est exactement le contraire qu’en USA. La plupart d’entre elles doivent encore de l’argent à la BCE qu’elles avaient emprunté au moment de la crise de la Grèce. La BCE ne dispose pas de liquidités en trop comme le Fed, c’est tout le contraire.
Dans ce cas, utiliser des méthodes non conventionnelles comme le « QE » ne pourrait se faire qu’en ayant recours à la création monétaire (la fameuse « planche à billets »), ce que les Allemands n’accepteraient jamais. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde pousse dans cette direction alors que la menace de la déflation dans un environnement de non croissance prend de l’ampleur notamment dans les pays du Sud de l’Europe. C’est un cocktail explosif dont peu de responsables mesurent aujourd’hui la valeur réelle des conséquences futures. Personnellement, j’ai du mal à comprendre les anticipations fortement haussières des analystes actuellement alors que tout est réuni pour que la déflation se poursuive.
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