Il est de plus en plus difficile de gérer une petite commune...

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thierry Bos, maire de Gironde-sur-Dropt (Gironde) : «C’est plus difficile à gérer et cela prend plus de temps d’être dans une commune de notre taille.»

Nombreux sont les maires qui n’ont pas souhaité se représenter lors des dernières élections municipales, certaines communes se sont même retrouvées sans candidat. Tel est le cas de Gironde-sur-Dropt, une commune de 1 200 habitants située dans le département de la Gironde, dont le maire sortant, Thierry Bos, avait annoncé son intention de ne pas se porter candidat. Toutefois, personne n’a voulu prendre sa place et, sous la pression amicale de la population, Thierry Bos a finalement pris la décision de se représenter. Une élection sera organisée d’ici à trois mois car si un maire n’est pas élu, Gironde-sur-Dropt sera automatiquement rattachée à une commune voisine. Thierry Bos n’avait pas souhaité briguer le renouvellement de son mandat car la gestion locale requiert beaucoup trop de temps et pénalise parfois sa vie professionnelle. La plupart des élus de Gironde-sur-Dropt sont des actifs et tout le monde faisait le même constat. Alors que les élections municipales viennent de se terminer, Thierry Bos se retrouve dans une position assez originale, puisqu’il est encore le maire sortant de Gironde-sur-Dropt et la probabilité est forte pour qu’il soit réélu dans trois mois. Il répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi avez-vous décidé de ne pas vous représenter ?

Thierry Bos : La situation est assez complexe. Il y a eu un problème sur la commune il y a deux ans et demi entre l’ancien maire et son équipe. L’ancien maire a démissionné et l’équipe s’est représentée pour prendre sa place. Nous avons trouvé que ce n’était pas très démocratique, car il suffisait d’attendre deux ans et demi la date des prochaines élections. Nous avons monté une liste en un mois et demi avec des gens qui étaient mécontents. J’ai été tête de liste et nous nous sommes retrouvés élus avec une équipe d’actifs. Mais il n’y avait pas d’anciens. Or, j’estime que l’on doit toujours garder un noyau d’anciens autour du maire pour transmettre l’expérience et le savoir-faire. Les actifs sont très occupés, la moyenne d’âge de la liste était de 45 ans, ils ont très peu de temps pour s’occuper la commune… Donc, au bout de deux ans et demi, je me suis essoufflé…


Ce mandat vous a-t-il pénalisé dans le développement de votre entreprise ?

Oui. Nous sommes obligés de passer beaucoup plus de temps la première année et il a fallu prendre connaissance des dossiers. En tant que maire, j’ai dû aussi passer beaucoup de temps à la communauté de communes. C’était assez difficile au départ, mais j’ai pu m’organiser. Comment se fait-il que personne n’ait voulu se déclarer comme candidat à la mairie d’une commune de 1 200 habitants, alors qu’ailleurs les gens se battent ? Les gens se battent sur les communes jusqu’à 700 habitants. Il y a parfois deux ou trois listes dans des communes de 500 habitants. Après, il y a moins de listes pour les communes autour de 1 000 habitants. C’est plus difficile à gérer et cela prend plus de temps d’être dans une commune de notre taille.

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