Changer de politique économique pour répondre aux attentes des Français
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Jacques Myard, député UMP des Yvelines : «Celles et ceux qui prônent une Europe fédérale sont dans la fuite en avant et c’est l’échec assuré !»
On ne présente plus Jacques Myard, qui est incontestablement l’un des parlementaires les plus médiatiques de l’opposition. Député UMP des Yvelines, il a étéréélu dès le premier tour à la mairie de Maisons-Laffitte. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus en expliquant pourquoi il défend des thèses souverainistes.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez été réélu dès le premier tour à Maisons-Laffitte, alors qu’il y avait une autre liste de droite en face de vous…
Jacques Myard : Une élection ne ressemble jamais à une autre... Cette fois-ci je suis passé au premier tour, alors qu’auparavant il y avait deux tours en raison de la présence de listes dissidentes de droite. Ici, les électeurs ont parfaitement compris l’enjeu. Ils m’ont fait confiance dès le premier tour avec plus de 51% des voix, ce qui est un score... C’est très réconfortant car, dans les mois et les années qui viennent, nous allons avoir beaucoup de contraintes en raison de la politique des socialistes : des contraintes financières, parce que nous perdons beaucoup de recettes, entre 13 et 15 points d’impôts avec la baisse de la DGF (Dotation globale de fonctionnement), les prélèvements sur la taxe sur l’électricité, le fonds de péréquation communale et intercommunale, etc. Lorsque j’interroge le gouvernement en disant que cela va trop loin, il me répond : «Vous êtes riches, vous les bourgeois, et vous pouvez payer !» De surcroît, nous allons avoir des contraintes en matière d’urbanisme puisque l’on nous oblige à entrer dans des intercommunalités de 200 000 habitants qui vont être compétentes obligatoirement pour le logement et les règles d’urbanisme, et nos concitoyens vont perdre en proximité. Les élus se retrouveront dans des conseils communautaires et je ne pense pas que ce soit une bonne chose parce qu’en région parisienne, tout fonctionnait très bien avec des syndicats. Aujourd’hui, on veut forcer les choses, il n’y a pas d’affectio societatis et c’est, à mon avis, une grave erreur qui va se retourner contre nos concitoyens et qui va coûter de l’argent. Il ne faut pas croire que tout cela ne va pas coûter d’argent : les primes des fonctionnaires vont augmenter en raison de la taille de la collectivité et il va falloir avoir un hôtel de l’intercommunalité. C’est une grave faute que l’on est en train de commettre et, au lieu de simplifier le millefeuille administratif, on ne fait que l’aggraver.
Que faut-il retenir de ce qui s’est passé en France ? Faut-il simplement se focaliser sur la montée du vote Front national ou prendre en compte l’abstention, qui est assez importante, et aussi la forte progression des listes indépendantes et divers droite dans de nombreuses villes de France ? Les listes indépendantes ont souvent atteint des scores autour de 20%, comme si les électeurs avaient envie de sortir des partis politiques traditionnels... Qu’en pensez-vous ?
Vos remarques sont de bon sens. Pour ce qui est de l’abstention, les élections municipales n’ont jamais provoqué un enthousiasme débordant et certains restent chez eux en attendant le deuxième tour pour aller voter… En réalité, seules les élections présidentielles culminent à plus de 80% des votants mais, avec la participation que nous avons, même si elle est moindre, nous restons dans le peloton de tête des démocraties occidentales. Dans tous les autres pays, le taux de participation est moins important. Vous avez raison de noter qu’un certain nombre de petites listes font un score. Aujourd’hui, il y a une perte de confiance dans les partis traditionnels. En ce qui concerne l’opposition d’aujourd’hui - l’UMP et l’UDI - bien évidemment, nous avons bénéficié d’un rejet de la politique désastreuse des socialistes sectaires qui poursuivent une politique idéologique, comme le mariage pour tous et un certain nombre d’actions qui montrent leur étroitesse d’esprit. Mais ce n’est pas pour autant que les grands partis de droite ont suscité l’adhésion. J’ai insisté sur ce point lors de la réunion de groupe de l’UMP, en disant : «Attention, nous avons bénéficié du rejet, mais nous n’avons pas encore bénéficié d’une forte adhésion de nos concitoyens, qui attendent de nous un projet». C’est ce qui est en cause. Le projet doit être fondé sur la cohérence nationale, le contrôle de l’immigration, mais aussi sur la remise à plat de la construction européenne car je suis intimement convaincu que nous sommes en train de nous embourber au niveau européen. Vous savez, si nous avions été au pouvoir et si nous avions poursuivi la même politique dans le cadre macro-économique que nous avons aujourd’hui, je crains fort que nous serions dans la même position que les socialistes aujourd’hui. J’estime que nous avons un grand chemin à faire. L’élaboration d’un projet, c’est ce qui est absolument indispensable pour l’UMP, l’UDI et tous ceux qui croient dans la démocratie, la République et la nation. C’est ce que je propose de mettre en avant dans les semaines et les mois qui viennent. Sinon, nous aurons un rejet complémentaire.
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