Le crowdfunding adapté à l’immobilier

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Baptiste Vayleux, cofondateur de Lymo : «L’internaute va faire de la promotion immobilière par procuration.»

Le crowdfunding, c’est-à-dire le financement participatif, arrive dans le secteur de l’immobilier. L’idée est innovante et c’est pour cette raison que nous avons souhaité évoquer ce sujet dans L’Hebdo-Bourseplus. Il ne s’agit en aucun cas de promouvoir ou, à l’inverse, de déconseiller l’investissement dans cette entreprise. L’objectif de cet article consiste simplement à présenter le premier réseau de crowdfunding appliqué à l’immobilier, cela au moment où tout le monde parle du crowdfunding et où le gouvernement met en place un dispositif légal pour encadrer cette pratique. Lymo.fr est en effet la première plate-forme européenne de crowdfunding spécialisée dans l’immobilier. Elle vient de boucler sa première levée de fonds, d’un montant de 500 000 euros via WiSEED.com, le leader français du financement participatif. L’entreprise est à la fois une jeune pousse et un promoteur immobilier, ce qui est déjà original en soi. Lymo propose aux investisseurs particuliers d’investir collectivement dans la pierre en finançant des projets immobiliers jusqu’alors réservés aux professionnels et de bénéficier d’une rentabilité de 10% par an (hors impôts). Ainsi, pour acheter des terrains et faire construire des logements, Lymo.fr a choisi de faire appel à un mode de financement alternatif aux banques, le crowdfunding. Le principe est simple : plusieurs personnes peuvent se regrouper pour permettre le financement d’une construction et en retirer des bénéfices. Jean-Baptiste Vayleux, cofondateur de Lymo, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous adoptez la démarche du crowdfunding afin de financer, non pas une jeune pousse mais un projet immobilier à travers une SCI. Comment travaillez-vous ?

Jean-Baptiste Vayleux : Nous sommes promoteurs et nous allons chercher des fonds sur Internet pour financer des projets immobiliers. En fait, nous faisons participer des particuliers à des projets immobiliers, de manière simple et accessible, puisque c’est à partir de 1 000 euros, pour des rentabilités qui peuvent atteindre 10% par an. Notre mission consiste à rendre accessibles des investissements sécurisés à forte rentabilité.


Imaginons que, par exemple, vous vouliez acheter un trois-pièces et que des particuliers fassent un tour de table, l’appartement est-il ensuite revendu à des tiers ? Comment procédez-vous ?

Ce n’est pas notre modèle. Le modèle que vous décrivez est celui de la SCPI. Nous, c’est autre chose : c’est un prêt que font les internautes au promoteur. Pour l’investisseur, il n’y a aucune prise de participation dans un bien immobilier. Pour être très précis, c’est une obligation. Vous achetez une obligation de la société qui mène le projet immobilier. Nous ne faisons pas une SCPI, parce que les rendements ne sont pas aussi importants. En outre, c’est un investissement très risqué et très peu liquide. Les internautes aiment la simplicité... Sur le site Internet, vous voyez des projets qui sont en cours de financement, vous voyez leurs forces, mais aussi leurs faiblesses car il faut être le plus transparent possible, puisque l’absence de transparence n’est pas permise dans ce domaine. Par exemple, nous expliquons que ce projet comporte huit logements, il est au centre de la ville, mais au bord d’une rue passante… Vous avez la marge du promoteur, en l’occurrence Lymo, puisque nous ne proposons que des projets que nous faisons nous-mêmes en tant que promoteur. Si l’internaute est séduit, il souscrit une obligation et il envoie son chèque… Nous ne faisons qu’un seul type de projets, des petites résidences avec moins de 10 lots. Nous industrialisons le petit, car nous nous sommes rendu compte que les acquéreurs plébiscitent les petites résidences : il y a moins de voisins, peu de charges de copropriété, il n’y a pas d’ascenseur ou de gardien et il n’y a pas de logements sociaux. Cela nous permet d’être à la recherche de petits terrains qui sont très bien placés. Par exemple, sur Toulouse, nous ne faisons rien à plus de 10 kilomètres de la place du Capitole. À Bordeaux, nous allons sortir un projet dans le centre et, à Paris, nous serons au maximum à 20 kilomètres du centre.

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