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Une jeune pousse française devient le leader mondial de la veille sociale
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Thibault Hanin, cofondateur de Synthesio : «Internet a de la mémoire et c’est bien le problème pour les marques.»
La société Synthesio vient de lever 14 millions d’euros dans le cadre de son deuxième tour de table, afin de développer sa plate-forme en ligne à destination des marques pour l’analyse de leur «e-reputation». Cette entreprise française a été désignée par le cabinet d’études américain Forrester comme celle apportant la meilleure solution de veille sociale dans le monde. Synthesio permet aux entreprises de surveiller, via une plate-forme SaaS, les conversations en lien avec elles-mêmes, ou leurs produits, qui ont cours sur les réseaux sociaux, afin d’évaluer leur réputation sur Internet.
L’outil permet aussi d’identifier les personnes influentes qui portent la marque et d’avoir une idée de ceux qui pourraient être de nouveaux clients. Créée en 2006 par Thibault Hanin et Loïc Moisand, la société dispose de bureaux à Paris, New York, Londres et Singapour. Elle avait déjà levé 1,5 million d’euros en 2011. Parmi ses clients, elle compte Microsoft, PSA, Toyota, L’Oréal, Orange ou encore Nissan. Thibault Hanin nous présente Synthesio, une fierté française de la nouvelle économie.
L’Hebdo-Bourseplus : Les marques se préoccupent de plus en plus de la veille sociale, c’est-à-dire de ce que l’on peut dire à leur sujet sur les réseaux sociaux. Cette prise de conscience est-elle récente ?
Thibault Hanin : Oui, mais ce n’est pas une prise de conscience qui date d’il y a quelques mois, car cela fait plusieurs années que l’on travaille avec un certain nombre de grandes marques sur ces sujets. Aujourd’hui, avec l’explosion des réseaux sociaux, comme Twitter ou Facebook, il y a des millions de personnes qui s’expriment quotidiennement sur ces marques. C’est un contenu qui intéresse particulièrement les marques, parce que ce sont des expressions spontanées et cela permet aussi de remplacer la notion de focus groupe. Auparavant, pour avoir l’avis des consommateurs sur les produits, les marques ou les modèles, on était obligé de faire des panels et de mettre des gens autour d’une table. Aujourd’hui, tout est disponible en ligne et toutes les informations sont publiques sur les réseaux sociaux. Toutes les grandes marques sont intéressées par ces contenus dans la mesure où cela leur permet d’améliorer leurs produits, leur image auprès de la clientèle et même de faire du support client en ligne. Si, aujourd’hui, quelqu’un se plaint de son portable sur Twitter ou sur Facebook, nous offrons la plate-forme aux marques pour aller capter cette expression et leur permettre de répondre. C’est une vraie révolution pour les marques et cela fait vraiment partie de leur stratégie. C’est quelque chose qu’elles ne peuvent plus ignorer.
Le bruit issu de la viralité est-il devenu aussi puissant que la critique d’un grand média ?