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Immobilier : la baisse s’accélère.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!
Lorsque l’on regarde les statistiques concernant le marché immobilier, on a l’impression d’avoir une pente très douce. C’est vrai sur les statistiques, c’est totalement inexact dans la réalité. La réalité s’est séparée, fin 2013 et début 2014, en deux catégories : les biens sur lesquels il n’y a pas de transaction possible car ils sonttotalement invendables en l’état et au prix demandé, et les biens sur lesquels il y a des transactions possibles, car ils sont en bon état, qu’ils sont bien situés, et qu’ils correspondent, par leur prix, à une demande solvable. Le retrait des transactions sur les biens qui sont aujourd’hui surévalués permet de garder une référence artificiellement élevée. Comme les biens de très belle qualité ont des prix qui sont stables ou seulement légèrement baissiers, les indices ne baissent que modestement.
Lorsque l’on regarde les indices notariaux, le recul des prix n’a été que de 1,4 % en 2013, ce qui porte à 5 % la baisse depuis 2011. Dans la réalité, en région puis en Ile-de-France, maintenant dans la capitale, il faut savoir que l’immobilier n’est absolument plus le paradis que l’on avait dit, et que la baisse est davantage devant nous que derrière nous. Selon les chiffres qui sont ceux de nos enquêteurs, de nos journalistes, qui interviewent chaque semaine pour l’Hebdo Bourse Plus les agences qui sont sur le terrain et les notaires qui enregistrent les transactions, le recul dans beaucoup d’endroits en France est déjà constaté à moins 25 % environ, dans certains endroits, il y a, aujourd’hui un recul non mesuré mais qui pourrait être supérieur encore, puisque les transactions ne se font pas. Les propriétaires sont complètement fous quant à la valeur de leur bien, ils croient être assis sur de l’or… mais cet or a fondu. Les écarts se creusent et vont encore se creuser.
Lorsque l’on est propriétaire d’un bien situé en rez-de-chaussée dans une ville correcte, le bien qui se vendait 100.000 euros il y a trois ou quatre ans aura du mal à trouver acquéreur, aujourd’hui, à plus de 70.000 euros. Lorsque l’on a acheté en 2009,2010 ou 2011 et que des événements de la vie (divorce, mutation…) obligent à vendre son appartement ou sa maison, on doit faire face à une triste réalité : la vente se fera non plus avec une plus-value, comme pour les générations précédentes, mais avec une moins-value, parfois une moins-value sévère.
Les délais de vente s’allongent.
Dans la plupart des réseaux immobiliers, les stocks se multiplient, les délais de vente s’allongent. Pour les propriétaires, cela oblige à un certain nombre de frais, comme de chauffer des appartements ou des maisons vides, disponibles à la vente, afin qu’ils ne se dégradent pas davantage qu’ils ne le sont actuellement. En 2010, on estimait qu’en France il y avait trois acheteurs en phase de recherches actives pour un seul vendeur. Aujourd’hui, on estime qu’il n’y a plus que 0,5 à 0,7 acheteur en phase de recherches actives pour un vendeur. A Paris, en 2010, il y avait six fois plus de personnes en recherche d’appartement à l’achat que de personnes en recherche de vente pour l’appartement dont ils désiraient se séparer.