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Une nouvelle loi électorale qui n’est pas adaptée aux communes rurales
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sylvie Rodier, maire de Saint-Germain-de-Marencennes (Charente-Maritime) : « Ce qui est le plus contraignant, c’est la lourdeur des normes. »
La nouvelle loi électorale impose un scrutin de liste pour les communes de plus de 1000 habitants et, par ailleurs, la présentation d’une pièce d’identité par tous les électeurs. Les maires ruraux estiment que ce nouveau texte n’est pas adapté à leur situation et ils ne comprennent pas pourquoi ces changements leur sont imposés, alors qu’il n’y avait aucune fraude jusqu’à présent. Sylvie Rodier, maire de Saint-Germain-de-Marencennes, est candidate à sa propre succession dans ce village de 1 280 habitants. Son programme porte sur le maintien du commerce de proximité, car la boulangerie du village est en liquidation judiciaire, et aussi sur l’enfouissement des réseaux et la canalisation de l’eau pluviale. Elle répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus. L’Hebdo-Bourseplus : Vous abordez la question du commerce de proximité car vous souhaitez maintenir une boulangerie dans le village. Vous avez également un problème avec l’épicerie, qui est en liquidation… La survie du commerce rural occupe une place importante dans les préoccupations des élus. Après la Poste, l’argent public doit-il servir au maintien du commerce rural ?
Sylvie Rodier : Le problème de la Poste a été réglé en créant des agences communales. Les communes ont dû investir en signant des accords avec la Poste et c’est ce qui a permis de maintenir les bureaux de poste en milieu rural. En ce qui concerne le commerce, c’est plus difficile car lorsqu’un commerce se retrouve en liquidation judiciaire, il faut des années de procédure : on n’avance pas et personne ne peut reprendre le commerce derrière. Le problème n’est pas de trouver un repreneur, mais d’attendre quelques années après une liquidation judiciaire pour régler tous les problèmes.
Beaucoup d’élus ruraux s’interrogent sur l’avenir de la ruralité et ils dénoncent le manque de considération de Paris à l’égard de la province. Ressentez-vous cela ?
Les préoccupations ne sont pas les mêmes à Paris ou à la Rochelle, encore moins dans les communes rurales… La problématique n’est effectivement pas la même en milieu rural, où il y a une proximité. Nous connaissons les gens, ils viennent à la Mairie dès qu’ils ont le moindre souci, nous sommes vraiment l’échelon de proximité. Ce qui est le plus contraignant, c’est la lourdeur des normes. On nous rajoute beaucoup trop de choses, comme des contrôles car, quand on a des budgets qui ne sont pas mirobolants, on nous oblige à des tas de formalités qui sont payantes… Un jour, j’ai dit à nos députés et sénateurs : «Arrêtez de nous pondre des textes, parce qu’avec toutes les études que l’on doit faire, on n’a plus d’argent pour faire les projets et pour fonctionner !»
On constate l’absence de candidats dans certaines communes. Avez-vous eu du mal à trouver des colistiers ?
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