Delta montre-t-il le chemin à Air France ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, conseils à l’appui. Bonne lecture !!!

Avec 24,36 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2011 puis 25,63 milliards en 2012 et tout juste 25,52 milliards en 2013, Air France-KLM n’est pas véritablement une entreprise en croissance. Le résultat opérationnel a été déficitaire de 480 millions d’euros en 2011, la perte s’est aggravée à 880 millions d’euros en 2012 et a été encore de 227 millions d’euros en 2013. Même si le coût de l’endettement financier net s’est réduit légèrement, de 371 millions d’euros en 2011 à 353 millions en 2012 et à 330 millions en 2013, le surendettement d’Air France-KLM reste un boulet considérable, les sociétés mises en équivalence sont déficitaires, du coup, lorsque l’on cumule le résultat net du groupe Air France-KLM au cours des trois derniers exercices, on arrive à une perte faramineuse proche de 4 milliards d’euros.

Doit-on s’effrayer ? La dernière fois que j’avais publié dans l’Hebdo Bourse Plus une étude sur le groupe Air France-KLM, j’avais insisté sur les risques considérables qu’il y avait dans cette entreprise, sur l’énormité du travail de redressement qui devait être effectué par l’un des principaux transporteurs de passagers dans le monde, et le numéro deux mondial du fret. Air France-KLM a engagé un plan de transformation, un plan particulièrement vital, mais qui ne fait connaître ses effets que progressivement. Il ne faut pas oublier que les entreprises de transport aérien sont des entreprises particulièrement lourdes, qui ont des frais fixes colossaux, notamment l’amortissement de leur flotte aérienne, qui n’est pas une variable d’ajustement.

La marge avant impôts et amortissements (EBITDA) n’était que de 7,3 % en 2013, c’est en progrès par rapport aux 5,5 % de 2012, mais, dans ce métier, il faut réaliser une marge deux fois supérieure à ce qui a été constaté dans les comptes d’Air France-KLM sur l’exercice 2013 pour pouvoir remplacer la flotte à bon rythme, pour pouvoir investir dans les cabines, pour pouvoir faire en sorte que les passagers ne désertent pas au profit des compagnies à plus faibles coûts, plus modernes, plus efficaces. Pour faire moins peur, Air France-KLM publie un résultat net retraité des effets non exceptionnels, qui est en petite amélioration après une perte de 696 millions d’euros en 2012, on est à seulement moins 349 millions d’euros en 2013. 


Air France est resté en pertes en 2013.

Cela reste tout de même une perte, l’entreprise n’est pas rentable, et cela ne peut durer éternellement. Air France-KLM doit accélérer sur sa transformation profonde, l’objectif de trouver un petit équilibre (hors exceptionnel) dès 2014 ne sera pas facile à atteindre. L’entreprise génère un niveau assez élevé de capacités libres d’autofinancement exclusivement en ayant reporté des livraisons d’avions, dont des A380, qui sont pourtant des avions rentables, et il y a eu, ne l’oublions pas, un différé assez conséquent des changements des cabines, notamment en Première classe et dans la classe Affaires, alors que ce genre d’investissements est une urgence forte vu les progrès faits par la concurrence, laquelle a distancé Air France, depuis plusieurs années déjà, on l’a souligné. Faut-il désespérer ? Le transport aérien n’est pas un monde très simple. Partenaire d’Air France-KLM sur l’Atlantique Nord, dans le cadre de l’alliance SkyTeam, Delta AirLines, qui est numéro trois du ciel américain depuis la récente fusion entre American et US Airways, a sorti un bénéfice de 2,7 milliards de dollars hors résultat exceptionnel sur ses comptes au 31 décembre 2013, ce qui montre qu’il peut y avoir une véritable vie profitable après la mort.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.