Les grands appartements parisiens sont difficiles à vendre
LA VIE DE L’IMMOBILIER
Thierry Maupas, directeur du développement de Wall-Market : «La vraie problématique apparaît dans les plus de 150 m².»
Wall-Market.com, premier portail d’annonces immobilières parisiennes, vient de publier l’état des stocks des biens immobiliers à vendre à Paris. L’étude révèle un stock de 15 525 biens immobiliers en vente dans la capitale : «Ce chiffre semble confirmer la particularité du marché immobilier parisien, confronté à un véritable paradoxe avec un marché à la fois en pénurie d’offres et un stock parfois excessif qui devient problématique pour certaines typologies d’appartements» explique Thierry Maupas, directeur du développement réseau de Wall-Market.com. Les écarts relevés par Wall-Market.com traduisent le fait que certains segments du marché immobilier parisien sont protégés de tout risque de baisse de prix, voire bénéficieront peut-être encore d’une hausse en 2014, tandis que d’autres profils de biens connaîtront une correction brutale des prix, sans doute à prévoir pour cette même année 2014. «Les catégories les plus privilégiées sont les petites surfaces du type studio ou deux pièces, qui conservent un avantage absolu. À peine 2 140 studios et 4 250 deux-pièces sont à vendre dans Paris» analyse Thierry Maupas. Seul bémol, la prochaine mise en application de la loi Alur, qui vise à encadrer les loyers et dont les premiers effets se manifestent d’ores et déjà par le départ des investisseurs sur ce type de produits locatifs. Dans ce contexte, la seule variable correctrice demeure le prix et il est fort à parier que ces biens passeront par une révision en 2014, certains évoquant des montants plus proches de 7 000 euros du m2. Thierry Maupas, directeur du développement de Wall-Market, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Quels sont le positionnement et le métier de Wall-Market ?
Thierry Maupas : Wall-Market est une plate-forme Internet d’annonces immobilières, créée par Guillaume Brochut, exclusivement réservée au marché parisien en incluant Neuilly et Boulogne. C’est aussi un service photo professionnel destiné aux agences immobilières. Nous avons des photographes qui interviennent pour faire un reportage photo. Compte tenu de la valeur d’un bien sur le marché parisien, il nous paraît essentiel, dans le service offert aux propriétaires, que les agences puissent au moins dépêcher un photographe professionnel. Nos photographes sont formés à l’imagerie professionnelle afin que l’appartement soit présenté sous son meilleur angle pour les internautes et les acquéreurs. Nous proposons des outils propres aux agences, comme des applications iPad professionnelles, des plans, etc. Nous sommes également une source d’information sur le marché immobilier parisien, puisque nous analysons le marché en permanence. Nous avons prévu un développement international et c’est pour cette raison que nous avons un nom anglophone, puisque nous allons nous étendre sur d’autres capitales.
Votre dernière étude fait apparaître un stock de 15 525 biens immobiliers à vendre dans Paris, ce qui représente 1 appartement sur 100 : ce chiffre est-il raisonnable ou inquiétant pour le dynamisme du marché ?
Jusqu’à présent, personne n’était capable de donner l’état des stocks. On a les chiffres des prix de vente, mais il est très compliqué d’obtenir l’état des stocks. On est obligé de réunir toute l’offre immobilière et de supprimer les doublons. On parle évidemment des appartements anciens officiellement mis en vente. Ce chiffre nous a permis d’observer des problématiques de segments sur certains arrondissements. Aujourd’hui, il y a une vraie problématique sur les grands appartements familiaux, c’est-à-dire les surfaces au-delà de 150 m². Les agences ont une vraie problématique pour vendre ce type d’appartements. Dans le 16ème arrondissement, il y avait 935 cinq pièces et plus à vendre, alors qu’il y avait seulement 185 studios à vendre à la fin de l’année. Cela veut dire que 40% du marché du 16ème arrondissement intègre des appartements familiaux. On observe que la vraie problématique apparaît dans les plus de 150 m². Pour qu’un appartement se vende, il faut qu’il ait une très belle adresse ou un étage élevé, avec une terrasse et une vue dégagée. Dans une petite rue du 16ème arrondissement, un grand appartement au premier étage se vend difficilement… Il y a vraiment un problème sur les grandes surfaces. Alors, est-ce un problème de marché ? On observe que depuis dix ans, le prix de l’immobilier augmente considérablement, c’est donc important sur les grandes surfaces, et il y a aussi un changement de société avec les acheteurs qui raisonnent différemment. Par exemple, les charges ont considérablement augmenté. Aujourd’hui, les gens se limitent à un 130 m² et il n’y a plus beaucoup d’acheteurs qui acceptent de s’offrir de l’apparat avec une entrée de 30 m² et des couloirs à perte de vue… Tout cela a un impact économique fort. Le vrai luxe, c’est de s’offrir un 200 m² au dernier étage, avec une grande terrasse…
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