Le livre Bleu de la Bretagne
LITTÉRATURE
Pour la première fois, un juriste et historien, le docteur Louis Mélennec, publie un ouvrage qui révèle la véritable histoire de la Bretagne. En une centaine de pages, le Livre Bleu de la Bretagne revient sur son annexion forcée à la France sous la royauté, les massacres perpétrés par la République au moment de la Révolution et la réécriture complète de l’histoire de la Bretagne depuis deux siècles. Ce que Louis Mélennec nous fait partager, les familles bretonnes dans lesquelles la tradition orale ne s’est pas perdue le savent déjà... Cela a traversé les générations, dans les conversations familiales, à l’écart de l’histoire officielle… Le livre de Louis Mélennec constitue un événement et il commence à se répandre dans les cercles bretons.
L’auteur rappelle que «l’histoire de la Bretagne, dans mon enfance et dans mon adolescence - aujourd’hui encore - est totalement scotomisée : elle n’existe pas, elle n’est pas enseignée ! La Bretagne, pays de ploucs et de demeurés, n’a jamais eu d’histoire... A l’école, la France, maîtresse des carrières, des avancements, des programmes, aplatit le cerveau des jeunes élèves avec un énorme fer à repasser, en les infériorisant, en leur inculquant l’indignité de leur identité bretonne et en remplaçant leur histoire nationale par l’histoire des Français : point de salut pour les Bretons, à moins qu’ils ne deviennent de bons Français. C’est un vaste camp de rééducation, dans lequel on apprend aux jeunes Bretons naïfs à devenir ce qu’ils ne sont pas : des Français. On nous a tellement habitués à être honteux de nous-mêmes, que nous ne soupçonnons pas la manipulation dont nous sommes victimes. Nous sommes tous atteints de la névrose d’acculturation au moyen de laquelle les pays colonisateurs intègrent les populations conquises par la force. Nous sommes une très vieille nation, identifiée depuis l’Antiquité, mais nous n’avons pas le droit de le savoir. Nous avons une histoire magnifique, mais il nous est interdit de la connaître. Au lycée, quoique premier en histoire, je ne sais toujours rien du passé prestigieux de mon pays.
La seule allusion faite par notre professeur, lui-même élevé au lait de l’histoire de France, tient en deux phrases : «En ce temps-là, la duchesse Anne de Bretagne tombe amoureuse de Charles VIII, roi de France et l’épouse. Elle apporte la Bretagne en dot à la France». La Bretagne donnée en dot à la France par sa souveraine, comme un paquet de linge ! Nous n’en saurons pas plus. Pas un mot des invasions de notre Duché souverain par les armées françaises en 1487, 1488, 1491, ni sur la destruction de nos armées nationales, ni sur l’annexion non consentie de la Bretagne en 1532, ni sur l’exploitation éhontée de la Bretagne par l’occupant...»
C’est sur Anne de Bretagne que la désinformation a été la plus forte selon Louis Mélennec : «Nos armées sont détruites en 1488, à Saint-Aubin-du-Cormier. La duchesse souveraine Anne de Bretagne, déjà mariée à Maximilien d’Autriche, roi des Romains, futur empereur du Saint-Empire Romain Germanique, est contrainte d’épouser son ennemi : le roi Charles VIII de France, fils du sinistre Louis XI. La Bretagne est brutalement annexée par la France, en 1491, sans son consentement. Charles VIII étant mort en 1498, Anne épouse son successeur – qui est d’ailleurs son proche parent – le roi Louis XII. Elle rétablit le gouvernement et les prérogatives internationales de la Bretagne. Dix-huit ans après sa mort, qui survient en janvier 1514, la France, qui s’est emparée de tous les leviers de commande, profitant de la situation de faiblesse de la Bretagne, qui ne possède plus ni gouvernement ni armée, procède à une nouvelle annexion, en 1532. Cette annexion, déguisée en «traité», est une imposture, une manipulation destinée à donner l’apparence de légalité à un rapport de forces qui ne laisse aucune échappatoire aux Bretons. Cette situation, très gravement contraire au droit, dure encore».
Vous l’avez compris, l’objectif de l’auteur est de redonner leur fierté aux bretons, leur rappeler que «la Bretagne n’a jamais demandé à faire partie de la France» et commencer à préparer les esprits vers une demande de réparation à la France et vers l’indépendance… Les massacres sous la Révolution sont également occultés par l’histoire officielle : «Les Français ont longtemps réussi à imposer l’idée que la Révolution de 1789 marque les débuts d’une ère nouvelle, non pas seulement pour la France, mais pour l’humanité : celle de la destruction de l’obscurantisme des vieilles monarchies, la création des républiques. La vérité est tout autre. C’est une catastrophe sans exemple dans notre histoire. La monarchie française chancelle, parce qu’elle n’a pas su s’adapter. Elle a ses qualités, mais elle a surtout beaucoup de défauts. La monarchie avait fait beaucoup de mal à la Bretagne. Mais la destruction de la Bretagne a commencé en 1789. D’abord, les députés bretons sont interdits d’exister avant même la fin de 1789. La Bretagne se voit interdire de s’intituler nation, ce qu’elle est pourtant, car c’est une nation beaucoup plus ancienne que la France. La Bretagne disparaît en tant qu’entité car on la divise en départements, alors qu’elle formait une unité politique qui avait, malgré tout, des possibilités de discussion avec la monarchie française. Toute possibilité de décider par elle-même est anéantie. La Bretagne est divisée en cinq départements et, à la tête de ces départements - je n’ai pas peur des mots, parce que c’est la vérité - on met un gouverneur, un «gauleiter». Les Bretons ne décident plus rien dans leurs affaires. Tout est décidé à Paris avec cette courroie de transmission qui s’appelle le préfet».
Il insiste : «Ce qui a été fait en Bretagne et en Vendée en 1793 et en 1794 est abominable : on a broyé des femmes sous les pressoirs à raisins, on a ouvert le ventre des femmes pour leur enlever leur enfant, on a coupé en morceaux des êtres humains vivants… On a noyé dans la Loire des parents avec leurs enfants en les ficelant dans des positions indécentes, ce que Carrier appelait le mariage révolutionnaire. Ce sujet a été tabou jusqu’à ces dernières années, au point d’être encore totalement méconnu de la grande majorité des Bretons et des Français.» Louis Mélennec est-il un fantaisiste ? Pas vraiment... C’est même une sommité du droit en France. Il a été médecin expert auprès des tribunaux, il a publié de nombreux ouvrages de droit et de médecine, c’est aussi lui qui a créé le droit du handicap en permettant aux handicapés d’évaluer leurs infirmités pour demander des indemnités. Il a ensuite été l’un des pionniers du droit médical qu’il a rédigé avec une équipe d’experts. Il faut savoir que le barème international d’évaluation du handicap, utilisé par les compagnies d’assurances dans le monde, est entièrement fondé sur ses théories. Son ouvrage est passionnant et les bretons seront tous heureux de retrouver leur fierté grâce au travail de Louis Mélennec.
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