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Le cycle des krachs.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous terminons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui ont essayé de parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 18.
A partir du moment où l’argent est arrivé facilement sur les marchés financiers, avec surtout un effet de levier de la dette, on a eu une multiplication des krachs. Bulles, krachs… voilà le cycle qui est en vigueur depuis le début des années 1980. J’ai commencé mon métier de journaliste économique et financier en août 1982, au Journal des Finances (disparu depuis), et j’ai eu à faire des articles dès le début, sur les soucis du Mexique, un pays qui avait connu une grande prospérité du fait de sa production pétrolière, et qui subissait, de plein fouet, le recul du prix du baril de pétrole, avec le contre-choc du début des années 1980. Le Mexique a été en quasi-faillite en 1984. Ensuite, il y a eu le krach d’octobre 1987. Puis, en 1988 et 1989, il y a eu le renflouement des Caisses d’épargne américaines (Savings and Loans), il y a eu ensuite la faillite de la banque de Nouvelle Angleterre (Bank of New England), au milieu des années 1990, il y a eu de nouveau le problème mexicain, en 1995, les banques japonaises ont été sur la sellette, en 1997, tous les pays asiatiques en ont pris plein la casquette, avec des faillites retentissantes en Corée du Sud où les ménagères étaient appelées à apporter leurs alliances en or, afin de redorer les réserves monétaires de la Banque centrale…
Personne ne s’en souvient, mais la Corée du Sud n’a pas toujours été aussi prospère qu’elle ne l’est actuellement. Outre la crise asiatique, en 1998, il y a eu l’effondrement de la Russie. Un plan de 100 milliards de dollars a été mis en place afin d’éviter la mise en faillite du nouvel état russe issu de l’effondrement de l’Union soviétique. Au début des années 2000, il y a eu une bulle insensée sur les affaires de la sphère des télécoms et de l’Internet, puis, ensuite, un éclatement de cette bulle, fin 2000 début 2001. Il y a eu bien évidemment le krach lié aux attentats du 11 septembre et au refermement des économies mondiales, toujours en 2001, et puis, d’année en année, on est remonté, grâce à de l’argent facile, jusqu’à prendre des risques non mesurés dans l’immobilier (Etats-Unis, Irlande, Espagne…), ce qui a amené la crise dite des subprimes (2006, 2007, 2008), avec comme point d’orgue, en septembre 2008, la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.
Le risque de faillite est assuré par les Etats.
Grosso modo, la prise de risque a été encouragée, au cours des trois dernières décennies, par cet argent très facile, lorsque les spéculateurs gagnent, ils ont toujours gardé l’argent, et, en cas d’échec, tout le monde s’est tourné vers les gouvernements. Un exemple extraordinaire vient de notre voisine l’Espagne, avec des Espagnols qui se sont gorgés de plus-values colossales au fur et à mesure des dernières années, au début des années 2000, chacun s’est mis à acheter, empruntant sur 50 ans, et non pas obligatoirement pour se loger, mais pour revendre, avec profits. Je rappelle que l’Espagne, qui ne compte que 45 millions d’habitants, a construit pendant plusieurs années de suite 800.000 logements neufs chaque année, contre 300.000 à 350.000 pour la France, qui compte aujourd’hui 66 à 67 millions d’habitants. Il n’est pas étonnant que l’on constate que, à fin décembre 2013, presque 14% des encours des prêts accordés aux Espagnols pendant cette durée insensée sont aujourd’hui en défaut.