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Le piège de la dette s’intalle.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 17.
A la demande du Président Obama, le président Républicain de la Chambre des représentants (équivalent de l’Assemblée nationale des Etats Unis d’Amérique) a annoncé que des membres de son parti, en nombre suffisant, allaient voter le déplafonnement, sans conditions, de la dette publique américaine, de manière à éviter un défaut de paiement, comme ce qui avait été constaté il y a quelques mois de cela, en octobre, pour les fonctionnaires fédéraux. L’émission d’une dette publique colossale, fut l’une des caractéristiques des années 2000. Lorsque le Président Républicain Bush est arrivé au pouvoir en janvier 2001, la dette publique américaine était à peine supérieure à 5.000 milliards de dollars. Elle était de l’ordre de 3.000 milliards de dollars environ en 1992, au moment où son père, George W. Bush avait quitté le pouvoir, après avoir été vice-président de Ronald Reagan pendant huit ans, la dette publique américaine était très inférieure à 1.000 milliards de dollars au moment de l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, on a tendance à un peu l’oublier. La dette publique américaine est aussi bien le fruit de l’action des Républicains que des Démocrates, elle n’a pas seulement enflé, elle est devenue une sorte de monstre.
A juste titre, vous me ferez remarquer que les dollars de 2014 n’ont pas du tout le même pouvoir d’achat que les dollars de 1980. Ceci étant vérifié, il convient quand même de ne pas oublier que, en termes constants, au cours des trente dernières années, la dette publique américaine a été multipliée par six ou sept, dans son ratio au PIB, ce qui est un chiffre à peu près équivalent au chiffre constaté dans d’autres pays, légèrement supérieur à ce qui a été constaté en France. Cette masse d’argent, cette masse de dette, a une valeur qui varie de façon importante, fonction des taux d’intérêt. Lorsque la Réserve fédérale américaine ou lorsque les autres Banques centrales apportent des liquidités en quantités importantes, ces quantités vont s’investir sur la dette publique, au moins en partie, car on a la croyance, si ce n’est la confiance, que cette dette pourra être refinancée à l’infini, qu’il n’y aura jamais un véritable défaut de paiement.
La dette publique a gonflé la sphère financière.
Du coup, avec la baisse des taux d’intérêt, la valeur des créances sur l’Etat qui portent un intérêt supérieur augmente. Il y a donc une création de richesses importante, non pas dans l’économie réelle, mais dans l’économie financière, dans une économie fictive. Comme la mécanique financière de Wall Street et des autres marchés internationaux a inventé des produits dérivés, des systèmes d’assurance contre les défauts de dettes, des options à différents effets de leviers… Du coup, le système financier prend un poids de plus en plus important, de plus en plus effrayant, dans les économies. L’argent a du pouvoir, le pouvoir d’être confié ou non aux entreprises, aux Etats. Ce sont des décisions qui sont souvent assez irrationnelles. Dans les années 1980, les Américains ont inventé le terme de « junk bonds » qui voulait dire que c’était de l’argent prêté, pas obligatoirement à risque au moment du prêt, à des entreprises qui n’étaient pas toujours en capacité de faire face à leurs obligations, du coup, cela devenait des « obligations pourries ».