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La recette du succès de l’organisation d’une entreprise vraiment pas comme les autres...
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Luc de Chammard, PDG de Neurones : «Neurones devient une plate-forme d’entrepreneurs et occupe donc une position particulière, sinon dans le monde capitaliste, du moins dans son secteur.»
Luc de Chammard a toujours été un patron visionnaire, c’est ce qui explique le succès de Neurones, car il n’a jamais cherché à se développer en devenant encore et toujours plus gros, mais en multipliant les structures thématiques qui sont vraiment spécialisées dans leur domaine. C’est ce qui explique le succès du groupe. Neurones a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 343,2 millions d’euros, en croissance organique de 8,8%.
Le groupe de conseil en management et organisation et de services informatiques a connu un fin d’année dynamique avec une croissance interne qui s’est élevée à 10,1% au quatrième trimestre, portant les ventes à 93,2 millions d’euros. Neurones a précisé que son résultat opérationnel 2013 a représenté 9,6% du chiffre d’affaires. En progression de 13,1 millions d’euros sur l’exercice, la trésorerie nette s’est, elle, établie à 100,9 millions d’euros. L’effectif du groupe à fin décembre était de 4 065 personnes. Nous avons profité de la publication de ces résultats pour interroger Luc de Chammard, PDG de Neurones.
L’Hebdo-Bourseplus : La progression de Neurones s’est à nouveau poursuivie en 2013, comme les années précédentes. Comment, dans votre organisation, arrivez-vous à rester à l’abri de toutes les tempêtes ?
Luc de Chammard : Ce constat est sympathique, mais peut-être pas d’une rigueur scientifique totalement irréprochable... On est sûr du passé et du présent... nous avons de bonnes certitudes pour le court voire le moyen terme mais, pour long terme, une entreprise ne peut s’extraire complètement de la macro-économie mondiale. Ce qui fait l’originalité de Neurones, c’est certainement son organisation et sa culture d’entreprise. Les 4065 collaborateurs au 31 décembre 2013 ne font pas partie d’un bloc monolithique, mais sont salariés de filiales qui ont leur propre métier spécifique et leur propre autonomie. Ils ont le sentiment légitime de contribuer au succès d’une société spécialisée qui, elle-même, fait partie d’un groupe. C’est un peu comme celui qui est à bord d’un bateau à taille humaine - le navire moyen est d’environ 250 personnes en ce qui nous concerne - il sait aussi qu’il fait partie d’une « armada » qui a bien l’intention de jouer le rôle qu’elle mérite dans l’ « océan » des métiers de Conseil et de Services informatiques. Cette organisation a le mérite de permettre d’exprimer davantage le potentiel, l’initiative, la liberté d’expression et de mouvement de chacun, que dans des organisations centralisées.
C’est simplement la sociologie des organisations qui veut cela. Les organisations pyramidales et matricielles ont inéluctablement pour conséquence l’écrasement des individus. Dans les métiers de conseil et de services informatiques, dans lesquels salaires et cotisations sociales représentent environ 80% des charges, c’est un enjeu fondamental de faire en sorte que chacun ait la liberté de mouvement et le sentiment de pouvoir exprimer tout le potentiel qui est en lui. Cela produit les résultats récurrents que vous venez de rappeler et que vous constatez année après année. En regardant d’autres secteurs de l’économie, par exemple celui du commerce de détail, les grandes surfaces centralisées ont des performances économiques qui sont historiquement moins bonnes que celles qui sont décentralisées. On parle de liberté d’expression et des énergies potentielles de chacun, mais cela va plus loin, puisque les salariés ont la possibilité d’être associés au capital de nos sociétés, par le biais d’actions gratuites mais aussi par le biais d’investissements personnels.