Paris se déclasse dans le palmarès de l’immobilier mondial

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thibault de Saint Vincent, président de Barnes : « On se demande s’il n’y a pas une réelle volonté de la part du gouvernement de faire fuir les gens aisés. »

Barnes, groupe spécialisé dans l’immobilier haut de gamme, vient de publier une étude sur le marché mondial. Les résultats sont catastrophiques pour la France et pour Paris en particulier. Dans le top 10 des villes les plus recherchées, Londres, New York et Hong-Kong constituent le trio de tête, comme en 2012. Mais Miami détrône Paris à la quatrième place. Singapour est toujours cinquième et Genève septième, juste derrière Paris. Berlin passe de la dixième à la septième place, et devance à présent Shanghai et Pékin. A Miami, pour la troisième année consécutive, le nombre de transactions a progressé avec, cette fois, un saut de 14%. En un an, les biens ont augmenté de 15 à 45% selon le type de biens. Londres poursuit sur sa lancée avec une hausse des prix à deux chiffres. Il suffit environ de 70 à 90 jours pour écouler des biens estimés en moyenne à 24 000 euros le mètre carré. Cela ne décourage pas les acquéreurs. Les Européens, selon Barnes, sont largement majoritaires, avec notamment des Français. Leurs budgets varient entre 2,5 et 10 millions d’euros. New York efface ses années de crise et la demande s’est accrue en raison des taux d’intérêt des emprunts qui sont encore jugés bas. A l’inverse, Paris fait du sur place.

En 2009, la capitale était 20% moins chère que Londres et 10% plus chère que New York ! Quatre ans plus tard, New York est 70% plus cher et Londres, 200%… A Paris, les grands appartements et les hôtels particuliers trouvent difficilement preneur. Les transactions sur cette gamme de biens se réalisent à des prix de 10% à 20% inférieurs à ceux de fin 2011 / début 2012. Barnes indique que les acquéreurs parisiens se sont concentrés en 2013 sur des biens de petites et moyennes surfaces, avec des prix généralement inférieurs à deux millions d’euros. Ils intéressent encore quelques familles nombreuses relativement fortunées restées en France et accessoirement quelques étrangers, notamment des Russes ou moyen-orientaux, en quête d’un investissement sécurisé. Cependant, ces derniers sont nettement moins nombreux qu’en 2011 et 2012. Pour Barnes, les prix parisiens comparés aux autres villes européennes deviennent compétitifs pour une certaine clientèle, surtout si celle-ci envisage d’acquérir à très long terme pour ne pas être pénalisée par la taxation des plus-values immobilières, dont la France détient le triste record mondial d’imposition. Thibault de Saint Vincent, président de Barnes, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus. Il nous présente son groupe et commente cette étude.


L’Hebdo-Bourseplus : Le groupe Barnes a l’image d’une entreprise familiale, puisque vous l’avez créé avec votre épouse. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Thibault de Saint Vincent : Il y a aujourd’hui des groupes vraiment familiaux, comme Émile Garcin ou Féau. En ce qui nous concerne, le groupe a été créé par mon épouse, Heidi Barnes, qui a créé la première agence à Londres et à Paris. Elle est de nationalité britannique et elle a été la première à lancer à Paris, dans les années 90, le concept des logements meublés pour les expatriés et elle avait fait la même chose à Londres. Parallèlement, je faisais une carrière dans l’immobilier résidentiel avec une quinzaine d’agences immobilières parisiennes, Connexion, que j’ai revendues en 2001. Ensuite, nous sommes partis aux États-Unis, où j’ai ouvert un bureau pour accueillir la clientèle européenne qui venait investir aux États-Unis. Mon épouse avait gardé ses bureaux de location à Londres et à Paris et nous avons décidé de développer la vente. En 2004, les choses se sont accélérées puisque nous avons acheté un hôtel particulier face à la mairie de Neuilly pour y créer le siège parisien de Barnes. C’était notre premier grand bureau et nous avions une quarantaine de collaborateurs. Aujourd’hui, nous sommes 130 à Paris et 250 au global. Mais, au fur et à mesure de notre essor, nous avons associé des directeurs d’agences ou d’équipes dans notre capital.

À cela s’ajoutent des agences licenciées ou des agences succursales. Quand quelqu’un vient nous voir, lorsqu’il a totalement le profil, un fort réseau, qu’il est prêt à travailler et qu’il est de qualité, nous lui demandons comment il préfère travailler. Il peut préférer être chez lui, dans le cadre d’une licence, avec des règles, dont de partage des clients à suivre, ou être associé, ou être directeur non associé… Chaque fois, nous essayons de développer le groupe, toujours dans l’intérêt du client car, ce que l’on veut pouvoir offrir à nos clients, c’est une offre globale. Le client a évolué depuis une quinzaine d’années, il est devenu multivilles, multipays et multimétiers… Vous pouvez avoir le même client qui va vouloir faire un investissement à Miami, qui voudra vendre son appartement à Deauville, qui a sa fille qui s’installe à Londres et qui, en même temps, vient d’hériter d’une maison de famille à Aix-en-Provence… Ce client a donc quatre problématiques. Il faut savoir que nous avons beaucoup de gens comme cela aujourd’hui, car la société a évolué.

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