Le député de Paris, vice-président de l’UMP et ancien ministre, fustige la politique économique de François Hollande

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-François Lamour : «J’ai toujours dit que notre pays était en train d’être déclassé.»

Jean-François Lamour est député UMP de Paris, président du groupe UMP au Conseil de Paris et vice-président de l’UMP. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports est membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale et il vient de dénoncer les incohérences de la politique du gouvernement en matière économique. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Que pensez-vous du pacte de responsabilité proposé par François Hollande et des premières heures de négociations avec le patronat et les syndicats ?


Jean-François Lamour : Depuis juillet 2012, on assiste à des annonces et des reniements qui interviennent quasiment dans la foulée, sauf pour un sujet : celui du flot des dépenses nouvelles. En tant que membres de la commission des finances, nous avons dû nous opposer à 20 milliards de dépenses nouvelles sur cinq ans dès juillet 2012 ! Aujourd’hui, il semble que le président de la République ait pris la mesure du désastre qui s’annonce en matière de compétitivité, puisque le CICE (Crédit d’impôt compétitivité et emploi) ne fonctionne pas et l’ensemble des dispositions en matière d’emploi n’ont été que sur de l’emploi aidé, du type emplois jeunes. Tout cela ne fonctionne pas ! Même si, effectivement, la courbe ne monte pas aussi vite qu’au début de son mandat, le chômage continue d’augmenter. François Hollande se rend compte que c’est l’entreprise qui peut créer des emplois, mais il n’a plus les moyens de sa politique. Certains de mes collègues ont dit «Chiche», tout en sachant qu’il n’était pas en capacité de le faire. Il cherche 30 milliards de baisses de charges, où va-t-il les trouver ? Pas en levant des impôts, ce n’est plus possible !

Il y a une chose qui nous a beaucoup marqués en commission des finances : Monsieur Cazeneuve, ministre du Budget, est revenu nous voir en collectif budgétaire pour le bouclage de l’exercice 2013, pour expliquer qu’il manquait 6 milliards d’euros à nouveau ! Tout cela parce que l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu et la TVA apportent moins que prévu… Finalement, on vérifie que trop d’impôt tue l’impôt... Il y a un élément qui est pour nous extrêmement dangereux dans cette politique, c’est l’exemple du CICE. Il est basé en partie sur l’augmentation de la TVA, en particulier du taux intermédiaire de 3% et, dans les 6 milliards qui manquent, la baisse des recettes de la TVA est déjà de l’ordre de 3 milliards d’euros. Nous sommes dans une impasse en matière de compétitivité. Je ne vois pas, aujourd’hui, où la moindre dépense en matière d’État ou de collectivités peut être trouvée... Et puis, il y a un autre élément : chaque fois qu’il y a un vrai sujet, il est reporté au-delà d’une élection. Les élections municipales retardent très clairement le rapport que l’État entretient avec les collectivités locales sur les dotations générales ou les différentes subventions. Là aussi, on ne sait pas du tout où l’État veut aller. Il n’est pas en capacité d’engager ce fameux choc de compétitivité. Il faut aller vite et fort, car on voit que les autres pays commencent à remonter en matière de croissance et cela vaut évidemment pour l’Allemagne…


Mais aussi pour l’Espagne et l’Italie !

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