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L’arrivée de la pensée "monétariste", l’école de Chicago
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 15.
On se souvient que, en 1940, l’effondrement de l’armée française fut en partie le fait d’une force mécanique, celle des chars allemands, avec une armée mécanisée, qui pouvait aller vite, loin, percer les lignes, et qui, par cela, a complètement bouleversé le schéma de défense de la France, dont une énorme partie de l’armée était enterrée derrière les fortifications de la ligne Maginot, et une autre, peu mobile, s’est trouvée coincée en Belgique puis à Dunkerque, avec l’armée anglaise. Lorsque, sous le règne de Napoléon, les armées françaises se déplaçaient, les chevaux trouvaient leur fourrage sur place, le Trésor le réglait, ou ils étaient mis à pâturer dans les prés. L’énergie était naturelle, renouvelable. A partir des années 1940 et de la transformation, à la fin de la décennie, de cette gigantesque industrie militaire en industrie civile, on s’est retrouvé avec une multiplication des systèmes mécaniques, des machines, qui fonctionnaient à l’énergie fossile, de l’électricité issue de la combustion de charbon, du pétrole, tout cela étant bien sûr généré par les inventions, notamment nord-américaines.
Des machines qui consomment et gaspillent.
L’Amérique du Nord produisait beaucoup de pétrole, le pic de production a été connu au début des années 1970. Après une baisse légère, la baisse de production a été beaucoup plus forte jusqu’au début des années 2000, et les Etats-Unis se sont retrouvés, jusqu’à l’exploitation du gaz de schiste, dans une dépendance forte des importations de pétrole, de gaz et même de charbon en provenance d’autres pays. Du temps du cheval, le plus habile des hommes parvenait à conduire trois, quatre ou six chevaux au maximum, et c’était tout. Du temps des nouvelles machines, l’équivalence de la force du cheval était démultipliée, par le moteur, et, grâce au réservoir à carburant, il était possible de circuler avec la force de soixante, cent ou cent dix chevaux… Si l’on ajoute l’énergie consommée par les machines à laver, les téléviseurs, les pelleteuses, les avions… on estime que chaque être humain qui vit dans un pays développé a à son service l’équivalent de la force de quatre cent cinquante à cinq cents «esclaves», l’énergie consommée par une personne habitant en Inde n’est équivalente qu’à la force de deux êtres humains. Avec la mécanisation de l’agriculture, l’énergie non-animale nécessaire pour faire les récoltes, pour semer, pour travailler les champs, sans oublier les engrais de source chimique, utilisée de plus en plus d’énergie pour fabriquer la nourriture des hommes, alors que, dans le monde traditionnel, seule la force humaine était indispensable, avec, en complément pour amender les sols, soit de la chaux extraite à la main, soit de l’engrais issu des déjections animales. La flambée des prix de l’énergie lors des crises pétrolières du milieu et de la fin des années 1970 (guerre du Kippour et révolution iranienne), a eu des conséquences dramatiques dans les pays du monde qui étaient dépendants des transports pour leur alimentation. Sur la seule année 1974, dix-sept pays d’Afrique ont connu des famines, car la nourriture produite localement ne suffisait pas, le transport était impossible, vu la cherté de l’essence.
Energie chère : famine en Afrique.