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Gros plan sur une valeur montante de l’UMP
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Isabelle Le Callennec, députée UMP d’Ille-et-Vilaine : «On dénature la loi Veil qui apportait un bon équilibre»
Isabelle Le Callennec a été élue il y a deux ans, pour la première fois, dans la circonscription de Pierre Méhaignerie à Vitré, en Ille-et-Vilaine. Généralement, les jeunes parlementaires doivent rentrer dans le rang et suivre le politiquement correct pour être bien vus de l’establishment parisien. Mais ce n’est pas dans le tempérament d’Isabelle Le Callennec qui fait partie de ces quelques députés qui se sont opposés, contre l’avis du groupe UMP, à l’assouplissement de la loi Veil sur l’IVG. Isabelle Le Callennec défend la loi Veil, qui considère l’IVG comme un acte exceptionnel. Elle estime qu’avec l’amendement socialiste adopté cette semaine, la loi Veil est dénaturée et que l’IVG deviendra carrément un moyen de contraception. Isabelle Le Callennec répond à nos questions sans langue de bois.
L’Hebdo-Bourseplus : La loi Veil considérait l’IVG comme un acte exceptionnel. Or, avec le texte voté cette semaine à l’Assemblée nationale, l’IVG se rapproche de la contraception…
Isabelle Le Callennec : J’ai été surprise de voir qu’un amendement sur l’IVG a été glissé dans une loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Cela n’a rien à voir avec ce texte et, au détour d’un amendement déposé, on dénature la loi Veil qui apportait un bon équilibre. On substitue à la notion de femmes en détresse la notion de femmes qui le souhaitent… Je crains que cela ne banalise totalement l’avortement. Pour moi, l’avortement n’est absolument pas un acte anodin et, s’il doit y avoir débat sur cette loi Veil, ce n’est certainement pas au détour d’un amendement. Il n’y a même pas eu d’étude d’impact ! En écoutant les débats, je me suis posé beaucoup de questions que les Français se posent et nous n’avons eu aucune réponse, puisque l’on est tout de suite parti dans la polémique… J’aimerais savoir pourquoi le nombre d’IVG ne diminue pas en France : on en est encore à 220 000 chaque année, alors que l’on fait la promotion des moyens de contraception, notamment chez les jeunes filles. J’aimerais comprendre pourquoi l’IVG concerne essentiellement les jeunes filles de 20 à 24 ans. J’aimerais savoir combien de médecins sont agréés pour pratiquer les IVG en France, car certains médecins refusent cela en évoquant une clause de conscience.
J’aimerais que l’on nous explique combien coûtent les IVG à l’assurance-maladie… Maintenant que le remboursement est à 100%, mon calcul fait état de 37 millions d’euros chaque année et j’aimerais que l’on explique pourquoi l’on a revalorisé les tarifs des médecins qui acceptent de pratiquer l’IVG. Toutes ces questions n’ont pas été posées, parce que c’était un petit amendement qui n’avait rien à faire dans ce texte. Cette loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes aurait pu être consensuelle, mais on ne va retenir que cet aspect. Cet amendement aurait pu, à la limite, être débattu lors d’une loi sur la famille. Je n’ai pas pu être présente lors du vote pour des raisons de santé, mais je n’aurais certainement pas voté cet amendement. On ne peut pas banaliser l’acte d’avortement aujourd’hui. On pratique l’avortement sous forme chirurgicale ou médicamenteuse, cela pose de nombreuses questions de société et il est assez perfide de la part des socialistes d’avoir fait cela. Une fois de plus, ils montrent leur volonté de cliver la société.
Nous sommes dans une société de caricatures, car sur des sujets comme l’immigration, l’avortement ou les logements sociaux, on est toujours dans le camp du mal dès lors que l’on souhaite aborder un tel débat…